Boulimie ou quand manger n’est plus un plaisir.

Ce qui laisse le sujet aux prises avec ses propres logiques boulimiques est sans doute la perte de plaisir. Lorsque l’acte de manger est perverti, que les aliments-pansements deviennent une addiction, le besoin primaire de se nourrir n’est plus source de satisfaction.

La personne qui souffre de boulimie a substitué au besoin de s’alimenter celui de se consoler. La fonction primaire de la nourriture n’est plus d’assurer la survie de l’individu ; toute fonction subsidiaire est effacée. En effet, la consommation de nourriture est exempte de tout plaisir puisqu’elle s’intègre dans le cercle vicieux de la boulimie : souffrance – crise – souffrance. Ce qui au départ avait pour vertu de procurer sensations et contentements est anesthésié : il n’est plus questions de saveurs, d’arômes, de goût, de dégustation et d’appréciation de la nourriture.

Dès lors, nous comprenons en quoi l’absence de plaisir participe de la souffrance dans la pathologie boulimique. Si la souffrance va de pair avec l’absence plaisir, le malaise du sujet vient en partie de ce que manger a perdu de sa valence hédonique. Le travail psychothérapeutique qui peut être engagé avec une personne souffrant de boulimie s’articule, entre autres, autour de l’axe « plaisir ». Il s’agit de faire recouvrir au sujet une source naturelle de plaisir : l’acte de manger. Réapprendre le plaisir de manger a pour objectif d’atténuer le déplaisir qu’engendrent les crises de boulimie.

Dans la boulimie, l’individu perd toute notion de plaisir lié à la consommation de nourriture. Manger aide le sujet à survivre, à vivre ses peines tant qu’il le peut. A condition que l’acte de manger renoue avec des plaisirs subséquents, il aura initié la rupture d’un cycle de souffrance.

Géraldine Munch

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