Bonjour, Votre site vient de me faire comprendre que je ne suis pas BOULIMIQUE, mais HYPERPHAGIQUE. Mon médecin lui-même n'a jamais employé ce terme. Pour ma part, j'en connais la cause : voilà maintenant 3 ans, la veille de Noël, ma mère a été victime d'un accident vasculaire cérébral.
Verdict :très grave, et à son âge (59 ans), risque de destruction de neurones importante, et perte de la mobilité. Hospitalisée 15 jours en soins neurologiques intensifs, elle a ensuite intégré un centre de rééducation fonctionnelle.
Elle a été bichonée pendant 2 mois et a fait de gros progrès. Mais ma mère a disparu et une autre femme a prit sa place : hémiplégique et aphasique. Elle ne se souvenait plus des prénoms de ses 2 filles, et encore moins de mon fils, alors âgé d'un an 1/2. Ca fait mal, très mal de voir sa mère dans cet état.
Aujourd'hui, elle va un peu mieux, mais traîne la jambe droite et ne se sert pratiquement pas du bras droit. Elle a grossi d'au moins 20 Kg et parle avec beaucoup de difficultés.
Bien souvent, elle ne comprends même pas les conversations simples que nous abordons.
J'aurais préféré qu'elle soit décédée.
Le deuil aurait été plus "facile". Je ne me suis rendu compte de rien. Pendant la 1ère semaine suivant son AVC, je n'ai quasiment rien mangé. Je me contentais de boire de l'eau ou des jus de fruits et franchement je n'avais pas faim. Puis je me suis jeté sur tout ce qu'il y avait dans le frigo et les placards. Tout y passait : sucré, salé, qu'importe, du moment que je me "remplissais". Ce n'était pas très grave, j'avais maigri la semaine précédente. Je me rends compte maintenant avec le recul que c'est à ce moment précis que j'ai pris goût à des choses que je ne mangeais quasiment jamais avant : gratins, plats en sauce, pizzas, chips, biscuits, bonbons ..... bref, tout ce qu'il ne faudrait pas.
Et bien sûr, après 3 ans, le résultat est catastrophique : j'ai pris 18 kg et suis passée de la taille 38 à 42 (bientôt 44 si je ne fais rien). Si je commence à manger, je ne m'arrête plus. Je prends trois fois d'un plat, même s'il me plaît moyennement.
Je mange à en avoir des nausées, des brûlures d'estomac.
Je me dégoûte.
Je mange en cachette de mon fils, pour ne pas lui donner de mauvaises habitudes (il a 4,5 ans), mais des fois il me voit et ne comprends pas pourquoi je mange des biscuits ou du chocolat après le repas !!
Comment lui expliquer ?? Mon mari ne comprends pas non plus que je puisse manger autant, moi qui ne pouvait même pas avaler une pizza entière il y a quelques années ! Je ne me suis fait vomir qu'une fois en 3 ans : j'en ai encore le souvenir. Je me suis juré de ne jamais recommencer. Ce que j'ai fait (heureusement ou malheureusement ??). Mon généraliste m'a donné deux anti-dépresseurs différents à 1 an d'intervalle, sans aucune amélioration. Le 2ème était - paraît-il -spécialement conçu pour traiter les "TOC". Il n'a fait que me rendre nauséeuse, agressive, endormie. J'ai tout arrêté, croyant pouvoir m'en sortir seule. Je me trompais. Maintenant, j'ai vraiment besoin d'aide, mais je ne sais pas à qui m'adresser.
J'habite dans les Yvelines, et les rares psychologues ou psychiatres des environs sont totalement débordés.
Que faire ?
Reprendre des médicaments ?
Je souhaite avoir un 2ème enfant, mais je suppose que les anti-dépresseurs ne sont pas conseillés pendant la grossesse ?
Je vais retourner voir mon médecin, en lui expliquant ce que je viens de lire sur cette maladie, et en lui expliquant qu'il y a maintenant urgence à m'aider !
Je n'en peux plus. Je vis pour manger, je ne pense qu'à ça, même en m'endormant, j'ai encore envie de grignoter. Si vous avez été dans le même cas que moi, vos témoignages de guérison me seront précieux. Merci pour votre aide. |