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Isabelle Version imprimable Email
Témoignages : Isabelle
 

J'ai mis très longtemps à réaliser que j'étais boulimique. Et encore aujourd'hui il me semble que je n'ai pas le droit de me plaindre. Pourtant, quand je prends un peu de distance je me dis que ce n'est peut-être pas normal de pleurer tous les jours, de se réveiller en pleurant et de se coucher en pleurant.

Il est des jours où j'ai l'impression que je suis prise dans une spirale infernale, les crises se suivent, de façon rapprochée, rien ne semble pouvoir les arrêter. C'est comme une agression d'une rare violence, aveugle, irrépressible. C'est comme s'il y avait une nécessité vitale et une urgence à dévorer, quoi, je n'en sais rien, je ne sais même plus ce que j'avale avec autant d'avidité pour l'évacuer aussitôt, avec le même empressement.

Bien sûr je consulte un psychiatre depuis 4 ans. Mais pas pour ça au départ. J'ai dû dire du bout des lèvres au début que je souffrais de boulimie, mais c'est resté sans réponse. Juste un silence. J'ai ressenti un sentiment de honte que je n'ai pas réussi à dépasser. Depuis, je n'en ai plus jamais parlé en séance.

Quant à mon entourage, je me suis aventurée à le dire à quelqu'un de ma famille qui m'a dit d'un ton catégorique : " mais non voyons, tu n'es pas boulimique ". Le thème n'a plus jamais été évoqué et les choses en sont restées là. Oui, bien sûr, comment pourrais-je être boulimique, les vrais boulimiques sont minces,... et voilà, ce n'est pas mon cas. Alors je suis quoi ? ai-je parfois envie de hurler. Je suis quoi au juste ? !

De fait, je n'en parle plus à personne. Et les crises suivent leurs cours inéluctablement. J'ai 38 ans, je viens de me séparer. Je n'ai pas d'enfant, je crois que je n'en ai jamais voulu d'ailleurs. Je pensais que les choses pourraient aller mieux, je m'accroche pour qu'il en soit ainsi.

Cependant, il est des jours où la souffrance est telle qu'elle me tire vers le bas. Je n'arrive pas à sortir de ce cercle infernal. C'est comme si je rechutais constamment. Je n'arrive pas à décoller et à installer les choses dans la durée. J'ai l'impression de m'user pour rien, parfois je perds tout espoir.

Je vois du monde, je sais que je ne dois pas rester seule. Je sors pas mal et j'essaie de faire des choses pour éviter l'enfermement mental et physique. Mais voilà. J'ai cette chose en moi qui jette un voile noir sur tout ce que je fais. J'essaie de m'en sortir en écoutant les autres. En général, les gens me confient leurs problèmes. Je les écoute attentivement. Je ne parle jamais de mes problèmes, car je dois être " celle qui écoute " aux yeux des autres, on me demande rarement comment je vais vraiment. Je me dis que c'est pas plus mal car je serai bien embarrassée de me raconter.

En découvrant ce site et en allant sur le chat, je me rends compte que beaucoup sont jeunes. Je ne sais pas très bien au juste ce que je dois faire. Parfois je me dis qu'à mon âge, c'est trop tard pour régler ces problèmes. Et que de toutes façons je n'arriverai pas à refaire ma vie.

Parfois aussi je me dis qu'il est indécent de dire ça et que je dois me battre. Mais mon combat me semble prendre des allures de Don Quichotte. Je ne sais plus au juste quoi penser.

Isabelle

  
 
Helene Version imprimable Email
Témoignages: Helene
 

Comme beaucoup, tout a commencé à l'adolescence, au moment où certaines restent minces et d'autres prennent des formes.

D'un naturel timide, envie de plaire aux garçons pour mon esprit et non mon corps, le régime s'imposait et là ce fut la débâcle. Ce que j'ai compris avec le recul maintenant c'est que c'était aussi une réponse au malaise familial prédominant dans ma jeunesse, surtout qu'à l'époque, ma mère soignait la sienne, je m'occupais de la maison et mon père était un réel tyran vis à vis de moi et des absences de ma mère. Bref, comme toujours je payais les pots cassés de cette famille !!!


J'ai perdu 20 kg, les crises d'angoisse m'ont fait rater mon année de prépa, j'ai cassé mon couple du moment et j'ai sombrer dans une dépression larvée. Une première bouffée d'oxygène fut mon départ, mais trop idéaliste je ne trouvais pas les personnes que je voulais. Je n'ai subi que solitude, violence (agressée par mon directeur d'école et trois étudiants plus âgés, ses copains). Ma réponse, ce fut la déchéance, je me suis mise à boire, à coucher avec n'importe qui, à avoir des amnesies et rentrer chez moi dans des états pitoyables, j'ai perdu des amis à cause de mes comportements, j'ai foutu en l'air encore une fois une relation amoureuse qui aurait pu tenir.


Depuis deux-trois ans je vais mieux à ce niveau là, j'ai retrouvé le respect de moi-même et je ne veux plus me salir, j'ai des bouffées de honte de cette époque là.

Mais je ne suis plus ano, j'ai retrouvé mon poids d'avant et surtout je suis passée boulimique vomisseuse depuis peu, j'ai mal tellement mal et surtout ces années d'errance : 11 ans d'ano et 3 de bouli, j'ai 28 ans, 28 ans.

Toutes les émissions sur les TCA concernent les adultes et moi où suis je dans tout cela, vers qui aller, pour quoi faire ?

Je sais que globalement je tire vers le positif mais en même temps je me fais peur, très peur en ce moment et je ne continuerais plus longtemps comme cela !!! je n'en peux plus en fait.

  
 
Guylaine Version imprimable Email
Témoignages : Guylaine
 

Témoignage d'une ex boulimique


Bonjour,

Je viens de lire plusieurs pages sur votre site Internet sur la boulimie principalement.

C'est un très bon site, plein d'informations intéressantes, et facile à naviguer.

Je suis une ancienne boulimique.

J'ai fait plusieurs années de thérapies individuelles et de groupe et je m'en suis vraiment sortie.

J'ai aujourd'hui 39 ans. Je dirais que je suis guérie depuis pas tout à fait 10 ans maintenant. Je ne suis plus obsédée par la nourriture et je ne vis pas "un jour à la fois" comme les AA.

Je mange très normalement et en prime, je n'engraisse pas non plus!

Parfois je repense à toutes ces années d'enfer que j'ai vécues et on dirait que c'était quelqu'un d'autre que moi qui a vécu tout cela, tellement je suis différente aujourd'hui.

J'espère que celles qui sont encore aux prises avec ce terrible problème savent que oui, on peut réellement s'en sortir, même lorsqu'on a une "grosse" boulimie, comme c'était mon cas.

Guylaine

  
 
Georges Version imprimable Email
Témoignage : Geoges
 

 

Et oui on se connait depuis 10 ans et depuis 4 ans on a decouvert l'anorexie.....

Enfin quand je dis "on" c'est plutot elle. "Elle" elle a 20 ans et souffre énormement.

Cà fait 4 ans qu'elle a areté d'avoir une vie alimentaire "équilibrée", elle n'a aucun dialogue avec ses parents à propos de l'anorexie ("ils pensent qu"elle fait de la comédie....depuis 4 ans !!!!!!!!) ils ne se rendent compte de rien.

J'en parle avec elle, il y a des haut des bas.....surtout des bas et je ne sais plus quoi faire pour l'aider.

Est ce suite à la rupture avec son copain il y a maintenant 4 ans? est ce un mal etre qu'elle ne peut exprimer que par cette façon ???

J'ai besoin de comprendre pour pouvoir l'aider..... très renfermé j'essaie d'en parler le plus possible avec elle mais c'est difficile, que dire pour l'aider ????

Comment m'y prendre pour ne pas encore plus la frustrer encore plus et la faire culpabiliser ?????

Je n'y comprend rien et elle non plus je crois: elle a besoin d'aide... dois-je aller voir ses parents pour qu'ils prennent un peu leur responsabilité ett qu'ils lui apportent leur soutien ????

Je ne sais plus quoi faire je me sens impuissante face à ses démons qui envahissent son esprit....... on doit aller ensemble voir un centre sur Grenoble (d'ailleur toutes infos à ce sujet me seraient utiles) mais elle en a tellement peur est la bonne solution ?????

Est-ce que je dois la pousser à y aller ?

Elle voit un psychothérapeute ce qui a été une grosse épreuve pour elle car cela a fait ressortir les veilles angoisses ; en gros j'ai une seule question : "est ce que je dois la pousser à aller dans un centre ?"

Merci et courage à tout le monde !!!!!!!

Et surtout vous n'etes pas seules il y a des gens qui veulent vous aider .

Pour les amies et la famille c'est très difficile on souffre de vous voir à travers ces maladies

 
Emilie Version imprimable Email
Témoignages : Emilie
 

Moi aussi je fais partie de toutes ces femmes qui souffrent de la boulimie et de l'anorexie : j'ai en effet alterné périodes de maigreur et périodes de " gavages " et aujourd'hui encore je souffre de ce problème .

J'ai été tellement maigre que je perdais mes cheveux souffrait des articulations, avait des hématomes à chaque petits coups et n'arrivais plus à dormir. Ma famille souffrait de me voir " disparaître petit à petit et se sentait vraiment inutiles faces à ma ténacité : je ne mangeai plus que du pain et du fromage allégé et refusais tout ce qui pouvait contenir des matières grasses ou du sucre. Petit à petit j'ai perdu tout contact social et toutes amitiés avec qui je ne pouvais plus sortir ou m'amuser : en effet j'étais trop fatiguée et je commençais une dépression ce qui n'arrangeait rien à mes rapports avec les autres.

Aujourd'hui je commence une nouvelle psychothérapie parce que mon ancienne psychiatre n'avait fait que des dégâts et ne m'avait pas du tout aidé. J'ai du mal à retrouver ma confiance et je me demande même si je ne suis pas vouée à supporter cette maladie toute ma vie.


Ces périodes de boulimies reflètent mon sentiment de solitude et ma peur de la vie et de l'échec. Je sais que je ne suis pas la seule à vivre ce cauchemar mais je souhaite vraiment m'en sortir un jour pour pouvoir dire enfin que la vie vaut d'être vécue et que me suicider aurait été une grave erreur : il me reste encore du chemin avant de parvenir à cette étape mais je garde espoir et pense en priorité à ma famille et à mes proches et à l'avenir qui m'attend.

Je souhaite à toutes les femmes et filles qui souffrent d'anorexie ou/et de boulimie bon courage et ne perdez pas espoir. VOUS N'ETES PAS SEULES.

 
Elodie Version imprimable Email
Témoignages : Elodie
 

Quelle douleur de me souvenir de ce passé encore si présent…

J'ai bien tenté de résister. Non, moi aussi je dois écrire mon histoire. Non, je dois m'accepter en tant que détraquée psychologique…

Mon père ne comprend toujours pas. Ses paroles reviennent incessamment dans ma tête: " Problème de bouffe ? Tu vas voir, un coup de pied au cul et ça va être vite réglé ! Tu es une petite fille gâtée "

Mon mari patiente. Il croit en une guérison possible.

Avec le temps on finit par vivre avec ce boulet. Adaptation, organisation, programmation. Mais jusqu'à quand ?

Longtemps j'ai hésité à surfer sur les sites de l'anorexie. Deux fois, trois fois je suis revenue ici. Puis j'ai ajouté l'adresse du site à mes " favoris ". Hier, alors que j'avais un coup de cafard, j'ai retrouvé la communauté. La lecture de deux témoignages en entier m'a donné l'envie incontrôlable de dévoiler moi aussi mon vécu d'anorexique.
Chronologie:
Evénements marquants

1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10 ans. Presque aucun souvenir de mon enfance. J'habitais dans un petit HLM d'Arras. Une scolarité sans problème mais toujours moins brillante que mon frère. Petite fille timide, renfermée, solitaire. Je restais souvent toute seule à la maison avec mon frère de 3 ans de moins que moi . J'adorais ma grand-mère (elle est décédée d'un cancer en 91).

11 ans. Emménagement dans une maison avec un jardin. Mes parents se disputaient de plus en plus. Naissance de mon petit frère (un peu plus de 10 ans de différence). Pas de problèmes particuliers.

12, 13, 14, 15 ans. A l'école j'avais un peu de difficulté en math. J'étais toujours aussi seule. Les autres écoliers se moquaient de moi. Fille complexée et triste. Personne ne me choisissait pour faire partie de l'équipe sportive. Aucun souvenir de mes parents. Si ce n'est que mon père le soir venait dans mon lit pour me dire bonne nuit… Aujourd'hui je me rends compte que c'était à deux doigts de dégénérer.

16 ans. Mon père me fit remarquer que je prenais du poids. Il se moquait souvent de moi et m'appelait " Ciccia " (= graisse en italien). Mon corps d'enfant se transformait en un corps de femme. Je ne m'étais jamais préoccupée de ce que je mangeais. Je me rappelle que j'avais un excellent appétit. A la visite médicale, j'étais considérée comme normale. 1m56 - 50 kg.

 
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