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Thérapies de l'anorexie Version imprimable Email
Les thérapies de l'anorexie
 

Quels sont les traitements ?

Ils vont d'une première prise de contact avec un psychothérapeute pour établir un dialogue et entamer un processus de compréhension dans certains cas, jusqu'à l'hospitalisation d'urgence dans d'autres cas.

- L'Hospitalisation s'impose lorsque le diagnostic vital est en jeu.

Elle répond à trois principes :

- restauration d'un état physique ne mettant plus la patiente en péril.

- isolement de son milieu pathogène.

- établissement d'une prise en charge psychothérapique.

Viendront aussi une rééducation du mode d'alimentation, éventuellement une approche corporelle pour réconcilier l'anorexique et son corps, des groupes de paroles tant pour les parents que, pour les patient(e)s eux-mêmes.

Le psychodrame psychanalytique est aussi fréquemment employé, avec de bons résultats.

 
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Le jeu pathologique Version imprimable Email

 

Que le jeu de hasard et d'argent puisse devenir passion dévorante, obsédante, envahissante, au détriment de tous les investissements affectifs et sociaux, est un fait connu, et qui s’impose d'évidence.

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L'obésité et la surcharge pondérale Version imprimable Email

•  Introduction

•  Que sont l'obésité et la surcharge pondérale?

•  La dynamique de la balance énergétique : la limite inférieure ?

•  Quelle est la situation actuelle de l'obésité et la surcharge pondérale ?

•  Quelles sont les conséquences pour la santé de l'obésité et de la surcharge pondérale ?
5.1. Diabète de type 2
5.2. Les maladies cardiovasculaires et l'hypertension
5.3. Le cancer
5.4. L'ostéo-arthrite
5.5. Les aspects psychologiques

•  Quel est le coût économique de la surcharge pondérale et de l'obésité ?

•  Quels sont les organismes responsables de la promotion de la santé ?

•  Bibliographie

1. Introduction

L'obésité et la surcharge pondérale posent aujourd'hui un véritable problème de santé publique. La surcharge pondérale sévère ou l'obésité constituent un facteur de risque pour le développement de plusieurs maladies chroniques telles que les maladies cardiovasculaires et respiratoires, le diabète de type 2, l'hypertension et certaines formes de cancer, aussi bien que la mortalité précoce. De nouvelles études scientifiques et les données compilées par les compagnies d'assurances montrent que le danger pour la santé est déjà bien réel, même pour une légère augmentation du poids corporel.

L'obésité et la surcharge pondérale sont aujourd'hui considérées au titre d'épidémies et grèvent fortement le budget de la santé publique en Europe. Heureusement, changer de style de vie peut prévenir le pire.



2. Que sont l'obésité et la surcharge pondérale ?

L'obésité est généralement définie comme une accumulation excessive ou anormale de graisse dans le tissu adipeux. La cause sous-jacente est liée à une balance énergétique positive conduisant au gain de poids : en somme, l'individu mange plus de calories qu'il n'en dépense.

Une simple mesure permet de définir si le poids est « idéal » : l'Indice de Masse Corporelle (IMC), qui relie le poids à la taille de l'individu. L'IMC est un outil utile, utilisé en routine par le corps médical et les autres professionnels de la santé pour estimer la prévalence de la dénutrition, de la surcharge pondérale et de l'obésité chez l'adulte. Il se calcule en divisant le poids corporel (en kg) par la taille (en mètre) au carré (kg/m2). A titre d'exemple, un homme de 70 kg mesurant 1 m 75 aura un IMC de 22,9.

La surcharge pondérale et l'obésité sont caractérisées respectivement par un IMC supérieur à 25 et à 30. Entre 18,5 et 25, l'IMC est considéré comme "sain", les individus avec un IMC entre 25 et 29 sont considérés, "à risque plus élevé" de développer des maladies associés et ceux avec un IMC de 30 ou plus, à "risque modéré ou haut risque" [1].

INDICE DE MASSE CORPORELLE

<18.5 Malnutrition

18.5 - 25 Poids idéal

25 - 30 Embonpoint
> 30 Obèse


Distribution de la graisse : des pommes et des poires

L'IMC ne donne pas d'information sur la graisse totale ou sur sa distribution dans l'organisme, un facteur important compte tenu du fait que l'excès de graisse au niveau abdominal a des conséquences néfastes sur la santé.

Une technique de mesure appropriée est la circonférence du tour de taille [2]. Celle-ci est indépendante de la taille et compose une méthode simple et pratique pour identifier les personnes corpulentes à risque de pathologies liées à l'obésité. Si la circonférence du tour de taille dépasse 94-102 cm chez l'homme et 80-88 cm chez la femme, c'est le signe d'un excès de graisse au niveau abdominal, ce qui augmente la morbidité, même si l'IMC est relativement correct [3, 4].

La mesure du tour de taille divise les individus en 2 catégories : les personnes avec une distribution androïde de la graisse (souvent appelés " pommes "), ce qui signifie que la majorité de leur tissu adipeux est située dans l'abdomen, autour de l'estomac et près de la poitrine, et les expose à un plus grand risque de maladies ; les personnes avec une distribution gynoïde de la graisse (les " poires "), avec un tissu adipeux généralisé sur les hanches, les cuisses et les fesses, sont plus exposées aux problèmes mécaniques (ex. articulations, cuisses). Les hommes obèses sont plus souvent " pommes " que les femmes, d'ordinaire " poires " [5].



3. La dynamique de la balance énergétique : la limite inférieure ?


Le principe fondamental de la balance énergétique est le suivant :

Modifications des réserves
=
Apport d'énergie - dépense d'énergie



L'embonpoint et l'obésité sont sous l'influence d'énormément de facteurs incluant l'hérédité, les facteurs environnementaux et comportementaux, le vieillissement et les grossesses [6]. Ce qui est clair, c'est que l'obésité n'est pas toujours simplement le résultat d'un excès alimentaire ou d'un manque d'activité physique. Les facteurs biologiques (les hormones, la génétique), le stress, les médicaments et le vieillissement jouent aussi un rôle.

Cependant, la diététique et l'activité physique pèsent fortement sur la balance énergétique et ils sont aussi les principaux facteurs modifiables. En effet, des régimes riches en graisses, de densité énergétique élevée [8, 9] et un style de vie sédentaire [10, 11] sont les caractéristiques premières associées à l'accroissement de l'obésité dans le monde. A l'inverse, la perte de poids se manifeste quand la consommation d'énergie est inférieure à la dépense au cours d'une période de temps prolongée. Une alimentation équilibrée combinée à une activité physique accrue est généralement le conseil préconisé par les diététiciens dans un régime amaigrissant [12].

Les régimes " miracles " qui restreignent sévèrement les calories ou éliminent certains groupes d'aliments doivent être évités, car ils privent souvent la " victime " de nutriments importants et/ou ne peuvent pas être supportés pendant des périodes prolongées. De plus, ils n'ont pas un rôle éducatif et peuvent aboutir à des régimes yo-yo (qui supposent une alternance de gain et de perte de poids suite à des épisodes de régime ou de boulimie). Cette forme " d'alimentation " s'avère dangereuse pour la santé physique et mentale à long terme. Il est important de ne pas être trop ambitieux à l'heure de fixer ses objectives de perte de poids, car même une perte de 10% du poids initial entraîne des bénéfices pour la santé [13].


4. Quelle est la situation actuelle de l'obésité et la surcharge pondérale ?

De plus en plus de preuves scientifiques suggèrent que la fréquence de la surcharge pondérale et de l'obésité augmente dramatiquement dans le monde et que ce problème semble aussi bien s'accroître rapidement chez les enfants que chez les adultes.

Les données disponibles les plus complètes sur la fréquence de l'obésité mondiale sont ceux de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) au travers du projet MONICA ( Moni toring des tendances et des déterminants dans l'étude de maladies Ca rdiovasculaires) [14]. Compilées ensemble, les données montrent que la prévalence de l'obésité dans la plupart des pays européens a augmenté de 10-40 % en 10 ans, passant de 10 à 20 % chez les hommes et de 10 à 25 % chez les femmes [15]. L'augmentation la plus alarmante a été observée en Grande Bretagne, où presque deux tiers des hommes et plus de la moitié de femmes adultes ont un poids excessif ou sont obèses [16]. Entre 1995 et 2002, en Angleterre, l'obésité a double chez les petits garçons, passant de 2.9% à 5.7%, et chez les petites filles augmentant de 4.9% à 7.8%. Un parmi 5 garçons et une parmi 4 filles est en surcharge pondérale ou obèse. Chez les adolescents âgés de 16 à 24 ans, l'obésité a augmentée de 5.7% à 9.3% et chez les adolescentes de 7.7% à 11.6% [17]. La "International Obesity Task Force" monitore de façon continue les données de prévalence.



5. Quelles sont les conséquences pour la santé de l'obésité et la surcharge pondérale ?

Les conséquences sanitaires de l'obésité et de la surcharge pondérale sont multiples et variées, allant d'une augmentation de la mortalité précoce à des troubles non fatals mais débilitants, ayant des effets pervers sur la qualité de vie [18].

Les principaux problèmes de santé associés à l'obésité et la surcharge pondérale sont:

Le diabète de type 2
Les maladies cardiovasculaires et l'hypertension
Les maladies respiratoires (le syndrome d'apnée du sommeil)
Certains cancers
L'ostéo-arthrite
Les problèmes psychologiques
Une diminution dans la perception de la qualité de vie

Le degré du risque est influencé, par exemple, par l'excès de graisse lui-même, sa localisation, l'étendue de l'augmentation du poids corporel à l'âge adulte et le niveau d'activité physique. La plupart de ces problèmes peuvent être améliorés avec une perte de poids modeste (de 10 à 15 %), particulièrement si l'activité physique est aussi accrue.



5.1. Le diabète de type 2

De toutes les maladies sérieuses, le diabète de type 2 (qui se développe habituellement à l'âge adulte) ou diabète non insulino-dépendant (DNID), est celui qui a les liens les plus étroits avec l'obésité et la surcharge pondérale. En effet, le risque de contracter un diabète de type 2 s'élève avec l' IMC , déjà bien en dessous des valeurs correspondant à l'obésité (IMC de 30). Les femmes obèses sont ainsi 12 fois plus à risque de développer la maladie que les femmes en équilibre de poids. Le risque augmente avec l'IMC, surtout chez les personnes ayant des antécédents familiaux de diabète, et diminue avec la perte de poids [19].



5.2. Les maladies cardiovasculaires et l'hypertension

Les maladies cardiovasculaires (MCV) comprennent les maladies coronariennes, l'infarctus et les maladies vasculaires périphériques. Ces maladies comptent pour une grande proportion (jusqu'à un tiers) de décès chez les hommes et les femmes dans les pays les plus industrialisés et leur incidence augmente dans les pays en voie de développement.

L'obésité prédispose l'individu à plusieurs facteurs de risque cardiovasculaires, notamment l'hypertension et un taux de cholestérol sanguin élevé. Chez les femmes, l'obésité est le troisième prédicateur le plus puissant des MCV, après l'âge et l'hypertension. Le risque de crise cardiaque pour une femme obèse est environ trois fois celui d'une femme maigre de corpulence normale du même âge [20].

Les individus obèses ne vont pas tous avoir un taux sanguin de triglycérides (les graisses dans le sang) et de mauvais cholestérol LDL élevés et un taux de bon cholestérol HDL diminué. Ce profil métabolique se retrouve plus souvent chez les gens obèses avec une forte accumulation de graisse intra-abdominale (" les pommes ") et augmente le risque de maladie coronarienne. Avec la perte de poids, les taux de lipides sanguins s'améliorent. Pour chaque kilo de poids perdu, le cholestérol LDL diminuerait de 1 %. Une perte de poids de 10 kg peut produire une diminution de 15 % des taux de cholestérol LDL et une augmentation de 8 % du cholestérol HDL [21].

L'association entre l'hypertension et l'obésité est bien documentée et l'on estime que l'hypertension est attribuable à l'obésité dans 30 à 65 % des cas en Occident. En fait, la tension augmente avec l'IMC : pour toute augmentation de poids de 10 kg, celle-ci monte de 2-3mm Hg. A l'inverse, la perte de poids provoque une chute de la tension artérielle. Ainsi, pour chaque réduction de 1 % du poids corporel, la tension baisse de 1-2mm Hg.

La fréquence de l'hypertension chez les individus ayant un poids excessif est presque trois fois plus élevée que chez les adultes de poids normal. Et ce risque, entre 20-44 ans, est presque six fois plus grand chez les personnes obèses.



5.3. Le cancer

Bien que le lien entre l'obésité et le cancer soit moins bien défini, plusieurs études ont trouvé une association positive entre la surcharge pondérale et l'incidence de certains cancers, en particulier les cancers hormono-dépendants et gastro-intestinaux. Chez les femmes obèses, le risque est plus grand de contracter un cancer du sein, de l'endomètre, des ovaires et des cervicales. Chez l'homme, on suspecte l'influence de l'obésité dans le cancer de la prostate et du rectum. L'association la mieux définie est celle qui lie le cancer du côlon à l'obésité : presque trois plus de risque chez l'homme et la femme.



5.4. L'ostéo-arthrite

Les maladies dégénératives des articulations, comme le genou, sont des complications très fréquentes de l'obésité et de la surcharge pondérale [22]. Les dommages mécaniques causés aux articulations résultent généralement d'un poids excessif. Une douleur dans le bas du dos est aussi un signe commun chez les personnes obèses et l'un des principaux contributeurs à l'absentéisme au travail.


5.5. Les aspects psychologiques

L'obésité est sévèrement critiquée dans la plupart des pays européens, étant perçue comme une image indésirable du corps humain et comme un manque de caractère. Même les enfants de moins de 6 ans perçoivent leurs congénères obèses comme des "paresseux, sales, stupides, laids, menteurs et fraudeurs" [23].

Les personnes obèses doivent vivre au quotidien avec la discrimination. Les études montrent qu'une jeune femme obèse gagne significativement moins aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne qu'une autre femme de poids normal ou souffrant d'une autre forme de maladie [24].

Les mangeurs compulsifs sont aussi plus nombreux chez les personnes obèses et la plupart des individus présentant ce trouble du comportement alimentaire ont une longue histoire de boulimie et de fluctuation du poids corporel [25].



6. Quel est le coût de l'obésité et de la surcharge pondérale ?

Des études internationales sur le coût économique de l'obésité ont montré qu'il représente entre 2 % et 7 % des dépenses totales des soins de santé, le taux variant selon la manière dont l'analyse a été effectuée [15]. En France, par exemple, le coût direct des maladies liées à l'obésité (incluant les consultations médicales, les soins hospitaliers et les médicaments pour des maladies ayant un rapport bien établi avec l'obésité) s'élève à environ 2 % des dépenses totales des soins de santé [26]. Aux Pays-Bas, ce chiffre grimpe entre 3-4 % [27].

En Angleterre, le coût annuel de l'obésité est estimé à 500 millions de livres dans les dépenses de la sécurité sociale et l'impact sur l'économie est estimé aux alentours de 2 milliards de livres. Le coût humain de l'obésité est calculé à 18 millions de jours de maladies par an; à 30 000 décès par an, aboutissant à 40 000 années de vie professionnelle perdues et une durée de vie raccourcie de neuf ans en moyenne [28].



7. Quels sont les organismes responsables de la promotion de la santé ?

La promotion d'une alimentation saine et de l' activité physique pour contrôler le poids corporel suppose la participation active de plusieurs organismes dont les gouvernements, les professionnels de la santé, l'industrie alimentaire, les médias et les consommateurs. Ils partagent tous la responsabilité d'encourager une alimentation pauvre en graisses, riche en glucides complexes et contenant de grandes quantités de fruits et légumes.

L'accent doit être mis aujourd'hui sur la stimulation de l'activité physique, particulièrement dans les villes, chez les personnes âgées et les individus sédentaires.



Bibliographie

1. World Heath Organisation, Physical status: the use and interpretation of anthropometry. Report of a WHO Expert Committee. WHO Technical Report Series, No 854, 1995.

2. Han, T.S., et al., The influences of height and age on waist circumference as an index of adiposity in adults. International Journal of Obesity, 1997. 21: p. 83-89.

3. Lean, M.E.J., T.S. Han, and C.E. Morrison, Waist circumference as a measure for indicating the need for weight management. British Medical Journal, 1995. 311: p. 158-161.

4. Lean, M.E.J., T.S. Han, and J.C. Seidell, Impairment of health and quality of life in people with large waist circumference. Lancet, 1998. 351: p. 853-856.

5. Lemieux, S., et al., Sex differences in the relation of visceral adipose tissue accumulation to total body fatness. American Journal of Clinical Nutrition, 1993. 58: p. 463-467.

6. Martinez , J.A., Body-weight regulation: causes of obesity. Proceedings of the Nutrition Society, 2000. 59(3): p. 337-345.

7. Astrup, A., et al., Low fat diets and energy balance: how does the evidence stand in 2002? Proceedings of the Nutrition Society, 2002. 61(2): p. 299-309.

8. Stubbs, R.J., et al., Covert manipulation of dietary fat and energy density: effect on substrate flux and food intake in men eating ad libitum. American Journal of Clinical Nutrition, 1995. 62: p. 316-329.

9. Bell , E.A., et al., Energy density of foods affects energy intake in normal weight women. American Journal of Clinical Nutrition, 1998. 67: p. 412-420.

10. DiPietro, L., Physical activity in the prevention of obesity: current evidence and research issues. Medicine and Science in Sports and Exercise, 1999. 31: p. S542-546.

11. Fogelholm, M., N. Kukkonen , and K. Harjula, Does physical activity prevent weight gain: a systematic review. Obesity Reviews, 2000. 1: p. 95-111.

12. American College of Sports Medicine, Appropriate intervention strategies for weight loss and prevention of weight regain for adults. Medicine and Science in Sports and Exercise, 2001. 33: p. 2145-2156.

13. Glenny, A., et al., A systematic review of the interventions for the treatment of obesity, and the maintenance of weight loss. International Journal of Obesity and Related Disorders, 1997. 21: p. 715-737.

14. WHO MONICA Project, Risk factors. International Journal of Epidemiology, 1989. 18 (Suppl 1): p. S46-S55.

15. World Heath Organisation, Obesity:preventing and managing the global epidemic. WHO Technical Report Series 894. 2000: Geneva .

16. Ruston , D., et al., National Diet and Nutrition Survey: adults aged 19 to 64 years. Volume 4, Nutritional status (anthropometry and blood analytes), blood pressure and physical activity. 2004, TSO: London .

17. Sproston, K. and P. Primetesta, Health Survey of England 2002. Volume 1, The health of children and young people. 2003, The Stationery Office: London .

18. Lean, M.E.J., Pathophysiology of obesity. Proceedings of the Nutrition Society, 2000. 59(3): p. 331-336.

19. Parillo, M. and G. Riccardi, Diet composition and the risk of Type 2 diabetes: epidemiilogical and clinical evidence. British Journal of Nutrition, 2004. In press.

20. Hubert, H.B., et al., Obesity as an independent risk factor for cardiovascular disease: a 26-year follow-up of participants in the Framingham Heart Study. Circulation, 1983. 67: p. 968-977.

21. Dattilo, A.M. and P.M. Kris-Etherton, Effects of weight reduction on blood lipids and lipoproteins: a meta analysis. American Journal of Clinical Nutrition, 1992. 56: p. 320-328.

22. Seidell, J.C., et al., Overweight and chronic illness - a retrospective cohort study, with follow-up of 6-17 years, in men and women initially 20-50 years of age. Journal of Chronic Diseases, 1986. 39: p. 585-593.

23. Wadden, T.A. and A.J. Stunkard, Social and psychological consequences of obesity. Annals of Internal Medecine, 1985. 103: p. 1062-1067.

24. Gortmaker, S.L., et al., Social and economic consequences of overweight in adolescence and young adulthood. New England Journal of Medicine, 1993. 329: p. 1008-1012.

25. Spitzer, R.L., et al., Binge eating disorder: a multisite field trial of the diagnostic criteria. International Journal of Eating Disorders, 1992. 11: p. 191-203.

26. Levy, E., et al., The economic costs of obesity: the French situation. International Journal of Obesity, 1995. 19: p. 788-792.

27. Seidell, J.C. and I. Deerenberg, Obesity in Europe - prevalence and consequences for the use of medical care. PharmacoEconomics, 1994. 5: p. 38-44.

28. National Audit Office, Tackling Obesity in England . 2001, The stationery Office: London .

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L'image du corps en psychanalyse Version imprimable Email

Le corps a d’abord été regardé, vu, observé et même disséqué. La psychanalyse l’a entendu.

Le concept psychanalytique d’image du corps est très difficile à cerner et à définir. Il a d’abord été confondu avec celui de schéma corporel. Schilder, un des premiers auteurs à avoir travaillé la question passe lui-même d’un terme à l’autre sans distinction .

Schilder, Wallon, Piaget, Merleau-Ponty, Lacan, Dolto ont conceptualisé des notions aussi diverses que l’image du corps, le schéma corporel, l’image spatiale du corps, l’image de soi, l’image inconsciente du corps, etc. qui ne recouvrent pas les mêmes faits et qui se sont succédées depuis la fin du siècle dernier.

Ces différentes approches nous montrent combien il est difficile de tenir un discours univoque sur le corps. Tout d’abord, lorsque l’on parle de corps, de quel corps parle-t-on ? du corps physiologique, biologique ou du corps imaginaire, fantasmatique ?

Comment la Psychanalyse parle-t-elle du corps ? Pour répondre à cette question, je vais avoir besoin au préalable de poser quelques notions freudiennes qui nous permettront, je l’espère, de mieux comprendre ce rapport d’un sujet à son propre corps et au corps des autres. Je vous parlerai donc de pulsions partielles, de stades de développement, d’appareil psychique et bien sûr, du corps dans l’hystérie.

Ensuite, je vous présenterai la théorisation de Jacques Lacan sur le « stade du miroir », puis, à partir des apports de Françoise Dolto, nous préciserons la différence entre schéma corporel et image du corps et, enfin, nous aborderons la pathologie, les perturbations de l’image du corps et les possibilités thérapeutiques.

I. COMMENT REPÉRER CHEZ FREUD LA PLACE DU CORPS ?

Comme vous le savez peut-être, c’est l’hystérie qui est à l’origine de la psychanalyse. Freud, lors de son stage chez Charcot, a eu l’intuition de l’inconscient. Charcot a décrit avec une grande précision les différents symptômes hystériques, par exemple, les paralysies, la cécité hystérique, la surdité, les symptômes autour du cou, la toux hystérique, les modifications de la hauteur de la voix, la grossesse nerveuse. De tels symptômes ont une vocation signifiante, c’est-à-dire qu’ils servent à signifier quelque chose qui ne peut pas se dire autrement. A partir de cette clinique, Freud élabore la notion d’inconscient, d’un inconscient qui agit à l’insu du sujet.

Freud a beaucoup observé l’organisation sexuelle infantile . Il décrit l’évolution sexuelle infantile comme une succession du fonctionnement des différentes pulsions partielles. Les pulsions partielles correspondent à des objets partiels et ne sont pas nécessairement liées à la génitalité. Un certain nombre de stades correspondent à ces différentes pulsions partielles et donc à ces différentes zones érogènes. Citons-les rapidement :

- stade oral (entre 0 et 2 ans) ;
- stade anal (entre 2 et 3 ans) ;
- le stade phallique (entre 3 et 5 ans) ;
- le complexe d’Œdipe ;
- la période de latence ;
- le stade génital, la puberté où les pulsions partielles s’unifieraient sous le primat du génital. C’est à partir de la puberté que vont commencer discrètement à se cristalliser les organisations de symptômes (les fixations pulsionnelles entraînant des régressions).

Chez l’enfant, avant le stade génital, son corps n’est qu’une mosaïque de zones érogènes. D’ailleurs, Gilles Deleuze définit le corps comme un habit d’Arlequin. On pourrait rajouter un « habit sur mesure », puisque chacun vit ces étapes différemment, c’est-à-dire que chaque enfant vit son corps selon la singularité de sa propre histoire avec ses expériences personnelles, ses frustrations, ses satisfactions et ses fixations.

Plaçons-nous maintenant dans la perspective de Jacques Lacan. Son travail sur le stade du miroir est un apport fondamental en ce qui concerne les théories sur le corps.

II. LE STADE DU MIROIR CHEZ JACQUES LACAN

C’est d’abord Wallon qui décrit le stade du miroir. Lacan attribue une explication à cette observation de Wallon.

Ce stade du miroir est une expérience que l’on peut observer chez l’enfant entre 6 et 18 mois. C’est la première expérience de son identification que l’enfant va y jouer. Identification qui va s’effectuer progressivement comme une espèce de conquête qu’il va accomplir à partir de sa propre image projetée dans le miroir.

Précisons d’abord deux notions importantes :

- le fantasme du corps morcelé ;
- l’identité du corps propre.

Le fantasme du corps morcelé

L’enfant ne vit pas son corps comme une totalité unifiée. Il n’arrive pas à distinguer son corps de ce qui lui est extérieur. Il le perçoit comme quelque chose de dispersé, de morcelé (comme dans la schizophrénie). C’est le stade du miroir qui va mettre un terme définitif à ce fantasme et qui va permettre à l’enfant d’accéder à un vécu psychique de son corps, une représentation de son corps comme une totalité unifiée.

La représentation du corps propre

C’est la représentation totale de son corps en une seule image pour l’enfant. C’est également une identité. L’enfant s’identifie à sa propre image.

On peut distinguer trois étapes dans le stade du miroir :

La première
Dans cette première étape, tout se passe comme si l’enfant percevait sa propre image dans le miroir non pas comme une image mais comme un être réel et il se comporte en face de son image, à cet âge-là, comme il se comporte en face de son semblable enfant. Cela prouve qu’il n’est pas encore capable de discriminer de façon très précise ce qui est lui de ce qui n’est pas lui, par exemple, il y a des enfants qui pleurent en voyant les autres tomber. Cela prouve aussi que c’est à travers l’image du miroir que l’enfant commence à se repérer, qu’il se vit lui-même, qu’il cherche à se situer.

La seconde
C’est ce moment où l’enfant finit, à force de répétitions, et surtout, à force de maturation psychique par comprendre que l’autre du miroir n’est qu’une image, c’est-à-dire que ce n’est pas un être réel. Là, on observe que l’enfant ne fait plus aucune tentative pour attraper l’enfant dans le miroir. Il a compris qu’il ne s’agissait pas d’un autre réel.

La troisième
L’enfant finit par reconnaître que l’autre du miroir est une image, et que cette image est la sienne. De ce point de vue, on peut dire que l’enfant accède à un savoir qu’il n’avait pas. Cette reconnaissance c’est la preuve d’un savoir sur soi. C’est aussi la preuve que l’enfant finit par percevoir son corps comme un corps unifié. C’est une anticipation imaginaire.

Le stade du miroir se réalise antérieurement à l’acquisition du schéma corporel. Nous allons donc évoquer la différence entre image du corps et schéma corporel à partir de Françoise Dolto qui disait, à propos du stade du miroir, que l’enfant, par la répétition de l’expérience, s’approprie son propre corps et y piège son narcissisme. Le paraître se met à valoir, parfois à prévaloir sur le ressenti de l’être.

III. L’IMAGE DU CORPS CHEZ FRANÇOISE DOLTO

L’expérience psychanalytique de Françoise Dolto avec les enfants la conduit à repérer, très tôt, dans les dessins et les modelages ce qu’elle appelle « image du corps ».
Elle différencie de façon très précise le schéma corporel de l’image du corps. Elle dit que le schéma corporel est une réalité de fait, constituée à partir de perceptions. Nous pouvons préciser en disant que c’est un ensemble de processus perceptifs et organiques qui nous permettent de saisir l’unité de notre corps. Par exemple, c’est ce qui nous permet de pouvoir localiser à une partie très précise de notre corps, quelque chose qui lui arrive, que ce soit une excitation de type plaisir ou de type douleur.

Un schéma corporel sain peut coexister avec une image du corps perturbée. De même, qu’un schéma corporel troublé peut coexister avec une image du corps saine. L’exemple type du schéma corporel troublé est le « membre fantôme » de Schilder.

Le schéma corporel est le « même » pour tous les individus. L’image de corps est propre à chacun, elle est liée au sujet et à son histoire. Le schéma corporel est en partie inconscient mais aussi pré-conscient et conscient alors que l’image du corps est éminemment inconsciente.

L’image du corps est la conquête progressive de l’unité qui permet la maîtrise de la totalité de notre corps. Elle est avant tout imaginaire et composée non seulement des fantasmes de notre première enfance mais aussi par ceux de tous les conflits affectifs qui ont bouleversé et composé l’histoire de notre vie.

L’image du corps est la synthèse vivante de nos expériences émotionnelles, mémoire inconsciente de tout le vécu relationnel.

« Tout contact avec l’autre, que ce contact soit de communication ou d’évitement de communication est soutendu par l’image du corps, car c’est dans l’image du corps, support du narcissisme, que le passé résonne dans la relation présente » .

L’acquisition de l’image de soi ne peut se faire que par la médiation de l’image et du regard d’autrui. Elle passe donc par le désir de l’autre et ne peut échapper aux pulsions de vie et de mort.

Françoise Dolto nous donne un exemple celui d’une fillette seule avec elle qui dessine un très beau vase de fleurs épanouies avec les tiges trempant dans l’eau. Ensuite, durant l’entretien avec la mère en présence de la fillette, celle-ci fait un deuxième dessin, celui d’un minuscule pot de fleurs avec un minuscule bouquet de fleurs fanées, sans eau. On voit la différence de l’image du corps de la fillette, telle que ressentie inconsciemment selon qu’elle est en présence de sa mère ou sans elle. Relativement à sa mère, elle se sent minable et fanée, tandis que lorsqu’elle est toute seule, interlocutrice de l’analyste qui l’écoute, elle se sent le droit de s’épanouir et d’être dans sa beauté séductrice narcissique. Le schéma corporel de cette fillette n’est pas modifié par la présence de la mère mais cette présence entraîne une modification dans l’image du corps. Cette modification permet de comprendre les relations actuellement perturbées mère-fille.

 

IV. LES PERTURBATIONS DE L’IMAGE DU CORPS ET LEURS THÉRAPEUTIQUES

Nous avons vu avec le stade du miroir le rôle primordial que joue chez l’individu la captation visuelle par l’image de son corps et donc, la recherche narcissique d’une identification avec les autres.

Les yeux sont pour chacun de nous autant de miroirs pour refléter notre corps, mais ce ne sont pas des miroirs fidèles et ils troublent l’image que nous souhaitions y rencontrer. D’où l’intérêt de la Psychanalyse qui permet de pouvoir écouter sans être vu : place en retrait du Psychanalyste invisible au patient allongé. La présence invisible et silencieuse du Psychanalyste invite ainsi l’analysant à transformer ce corps imaginaire, ce fantasme du corps en un corps parlé. En opérant dans le seul champ de la parole, l’analyste assure cette bienveillante neutralité dont la règle lui a été imposée par son projet de restituer le sujet à lui-même. Par contre dans les situations de thérapie de face à face, il est donc important que le thérapeute soit analyste pour pouvoir analyser les effets de son propre regard sur le patient. Car tout regard humain est à la fois perception et expression de son existence personnelle.

La psychose
On trouve évidemment de graves perturbations de l’image du corps dans la psychose, particulièrement dans la schizophrénie et dans la forme particulière de l’hébéphrénie où l’image du corps reste l’image d’un corps morcelé et où l’on peut même assister à certaines mutilations. Ces sujets n’auraient pas traversé les principales étapes du stade du miroir. La thérapie est essentiellement du domaine psychiatrique.

La timidité
Le timide est embarrassé par son propre corps. Il serait d’ailleurs plus juste de dire non pas son propre corps mais son corps -pour- l’autre. Son corps -pour- l’autre lui échappe. Il ne peut pas le maîtriser, lui donner l’attitude qui convient. Voilà pourquoi lorsque le timide souhaite faire disparaître son corps, n’en plus avoir, c’est de son corps -pour- l’autre dont il s’agit. Tout ceci est formidablement bien décrit par Sartre dans L’Être et le Néant .

D’ailleurs, s’il est tellement angoissé par ce corps -pour- l’autre, c’est qu’il pense que son corps -pour- l’autre est son corps- pour- lui. C’est-à-dire que le timide croit que l’autre le voit tel qu’il est. Il se résigne donc à se voir par les yeux des autres. Le timide est dépendant du regard d’autrui.

Cette pathologie peut entraîner de nombreuses phobies sociales et leurs inévitables inhibitions et conduites d’évitement.

La psychothérapie est souvent demandée pour sortir de ces inhibitions. Il faut alors aider le patient à identifier son trouble narcissique et à faire le lien avec ses problèmes identificatoires et surmoïques. Il n’a vraisemblablement pas reçu de gratification narcissique suffisante ou ne les a pas interprétées comme telles.

L’éreutophobie ou érythrophobie
L’éreutophobie, c’est la peur de rougir en public. Je vais vous parler d’un exemple clinique que je vais emprunter à Schilder . Il s’agit d’un jeune homme de 33 ans qui rougit et transpire dès qu’il se trouve en présence des gens, ou bien dés qu’il pense à l’éventualité de rougir ou de transpirer, cela le remplit de panique. C’est-à-dire, pour reprendre une expression célèbre d’Alain, il a peur de sa peur. Cette peur lui fait redouter les contacts sociaux et l’amène à les éviter, ce qui a pour conséquences des difficultés socioprofessionnelles importantes et une vie privée complètement appauvrie.
La psychothérapie montre que ce trouble remonte à la petite enfance et s’accompagne de nombreux autres symptômes qui ont trait à ses rapports corporels avec autrui. C’est dès l’âge de 13 ans, quand ses poils commencent à pousser qu’il découvre la masturbation et qu’il commence à être gêné. Il s’imagine que c’est la masturbation qui fait pousser les poils et que, donc, les gens n’ont qu’à le regarder pour savoir qu’il se masturbe et que ses érections se voient. Là aussi, on peut donc observer cette soumission au jugement social, à des valeurs culturelles imposées intériorisées par le Surmoi et source de culpabilité. Mais d’autres éléments apparaissent comme son père représentant pour lui un idéal masculin traumatisant : il avait été dur, irascible, distant, terrorisant son fils par des reproches et surtout son regard coléreux et impitoyable. D’autres symptômes complètent cette observation pour laquelle je propose l’orientation thérapeutique suivante : il faut aider le patient à comprendre le rôle du regard dans ses relations et faire le lien avec sa position narcissique à partir du stade du miroir et explorer ses positions œdipiennes et également démonter le mécanisme phobique qui est le suivant : quand il rougit cela signifie j’ai une érection, viens plus près de moi. Ceci étant inacceptable pour le Surmoi, le mécanisme de défense le transforme en : j’ai peur des gens, de moi-même et de ma propre image.

La dysmorphophobie
C’est une phobie créée par le regard d’autrui. Le dysmorphophobe est un individu normalement constitué qui croit être affecté de déformations physiques, qui croit son corps difforme. Cette « obsession » de la difformité du corps peut porter soit sur sa grosseur ou sa maigreur, soit sur sa taille, soit sur l’aspect disgracieux du visage, soit enfin sur les caractères sexuels. Elle se rencontre surtout chez les adolescents mais peut perdurer à l’âge adulte. Prenons un exemple, j’ai reçu une jeune femme de 24 ans qui présente des conduites phobiques parmi lesquelles se dégage la suivante :

« J’ai honte de mon ventre, il est gros, il est mou, pourtant je fais de la gymnastique tous les jours. Lorsque je prends un kilo, je restreins mon alimentation de façon très sévère. Je me pèse plusieurs fois par jour pour vérifier. Quand je me regarde dans un miroir, je trouve mon ventre monstrueux. L’idée même d’avoir à me confronter avec le miroir m’angoisse. Quand je regarde les autres femmes, je le trouve gros. Je crois que l’on ne voit que ça. Je le cache, je le rentre, je porte des vêtements qui le compriment. Quand un regard se porte sur lui, je fuis, j’ai l’impression que l’on ne voit que ça. Je suis toujours en alerte, j’observe les autres de peur que les autres m’observent. »

Très proche de l’éreutophobie, il s’agit là de la morphologie du corps mais pas seulement du visage, la dysmorphophobie est la peur du jugement social. On retrouve chez le dysmorphophobe les mêmes craintes que chez l’éreutophobe et la même source conflictuelle. La psychanalyse découvre aussi des tendances homosexuelles latentes et la crainte liée à la masturbation. Mais la dysmorphophobie dérive plus directement de l’adolescence en tant que phases de changements profonds et de l’acceptation de ces changements. La dysmorphophobie n’est qu’une forme particulière de la non-acceptation de soi-même, celle de son corps.
On retrouve en psychothérapie, presque toujours la mère et sa difficulté à accepter de voir son enfant se détacher d’elle et donc à accepter les modifications corporelles chez son enfant devenant adolescent. Cela entraîne une méfiance de l’adolescent à l’égard des autres et de leur regard. Il déteste son corps parce qu’il a peur que les autres ne le jugent difforme. Il faut souligner aussi le poids des modèles culturels, de corps idéal véhiculés par la mode et la publicité. Ici, il ne s’agit plus seulement du regard parental, mais du jugement social, ses normes et sa dictature d’autant plus impitoyables qu’elles auront été introjectées. Elles seront plus facilement introjectées par des sujets en grande fragilité narcissique ou si elles sont reprises et véhiculées par les parents eux-mêmes. Il faut donc aider le patient à retrouver ou à trouver des appuis narcissiques du côté de l’être plutôt que du paraître.

L’anorexie mentale
Je vais probablement vous décevoir si je vous dis que nous allons passer très rapidement sur cette pathologie, mais le thème est si vaste qu’il mériterait une séance à lui seul. Pour moi, l’anorexie est une incapacité à accepter et à intégrer les transformations de la puberté autant qu’à assumer sa féminité, doublé d’une tentative de maîtriser les transformations qui lui échappent. Être mince n’est qu’une manière de parvenir à la négation des formes, et des formes féminines en particulier. L’image idéale vers laquelle tend l’anorexique est une image qui met à distance les indices de la féminité. Elle tente de combattre tout ce qui évoque féminité et sexualité. Le danger n’est pas réel, il est lié à l’image du corps du sujet. L’anorexie est une affaire d’adolescence, mais cette pathologie du corps a à faire avec le développement précoce infantile. Ne devient pas anorexique qui veut : n’est anorexique que l’enfant qui n’a pas, dans sa première enfance, été investie par sa mère comme future femme c’est-à-dire dont la mère n’arrivait pas à se représenter sa fille comme une future femme et pas seulement comme une enfant.

Les conduites boulimiques
Je parle de conduites boulimiques ou de boulimies au pluriel pour rendre compte de la multiplicité des profils pathologiques. Ce n’est pas le lieu pour développer cet aspect, je me contenterai donc de vous livrer quelques réflexions. Tout d’abord, notons que chez tous les patients boulimiques on retrouve la peur de grossir et la recherche d’une minceur idéale. Dans 70 % des cas pourtant, les boulimiques ont un poids normal, chez d’autres, il peut présenter des variations très importantes sur des périodes de temps courtes (plus de 20 kg en quelques semaines). Ces patients ne sont satisfaits ni de leur poids ni de leur morphologie.
Si l’on veut établir des éléments de comparaison avec l’anorexie, notons déjà qu’à la fierté anorexique correspond la honte boulimique avant, pendant, après ou lors de l’aveu de l’accès. La honte est liée à la perte d’une image acceptable de soi dans le regard des autres. On retrouve chez les boulimiques une image du corps mauvaise, dévalorisée, les dysmorphophobies sont fréquentes et concernent tout particulièrement les parties corporelles considérées comme spécifiquement féminines.
La thérapeutique peut inclure la consultation en nutrition qui permet d’éclairer le sujet sur les conséquences et les facteurs immédiats et directs de son comportement alimentaire et de l’aider interrompre des enchaînements de comportements dont il sous-estime par ignorance la dangerosité. Il doit alors s’agir d’une véritable cothérapie.
L’indication de psychothérapie psychanalytique se fonde sur des critères qui ne concernent pas seulement le symptôme mais l’ensemble de la vie psychique et l’histoire personnelle. Comme pour les thérapies de toxicomanes (la boulimie est bien une conduite addictive), le cadre doit être maintenu avec autorité mais sans agressivité. L’attitude de l’analyste, bienveillant et disponible, a valeur de réparation narcissique. Le silence doit être d’usage limité. Le cadre constitué par la durée des séances, la neutralité de l’analyste, son refus de répondre aux provocations et surtout la bonne distance à trouver avec chaque patient et à chaque moment permettent le bon déroulement de la thérapie. Il faut laisser à la patiente le bénéfice narcissique de la compréhension en lui donnant les éléments pour la lui permettre. Le plaisir trouvé dans les séances peut devenir source d’angoisse et provoquer l’augmentation des crises juste avant ou juste après les séances. La difficulté majeure de ces thérapies est d’ordre contre-transférentiel. Par exemple, une attitude manipulatrice typique est de susciter des interventions de l’analyste pour les refuser. Il arrive après un certain parcours, que la séance soit rêvée et vécue consciemment comme un repas, les interventions de l’analyste comme un don alimentaire suscitant les mêmes attitudes d’avidité, de répulsion, d’envie destructrice, les mêmes besoins de contrôle. La transformation du sujet passe par l’élaboration de la position dépressive mais surtout par l’analyse du complexe d’œdipe. L’intégration de l’agressivité est une étape importante. Quand apparaissent de nouvelles possibilités d’introjections, les boulimies peuvent alors être remplacées par des relations affectives, sexuelles ou des activités artistiques ou sociales.

 


BIBLIOGRAPHIE COMPLEMENTAIRE

 

 

S. ALI « Corps réel, corps imaginaire », Dunod, 1977.


D. ANZIEU « Le moi-peau », Nouvelle Revue de Psychanalyse, 1974.


A. BIRAUX « L’adolescent face à son corps », Paris, Editions Universitaires, 1990.


J. BAUDRILLARD « De la séduction », Galilée, 1980.


C. DEJOURS « Le corps entre biologie et psychanalyse », Payot, 1986.


P. FEDIDA « Corps du vide et espace de séance », Editions Delarge, 1977.


A. GREEN « Narcissisme de vie, narcissisme de mort », Editions de Minuit, 1983.


G. GUILLERAULT « Le corps psychique », Paris, Editions L’Harmattan, 1995.

 

 

Pascal COUDERC

Psychanalyste

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