Les T.C.A. chez l’adulte : quand le trouble devient un compagnon de vie.

Bon nombre de personnes souffrent d’un T.C.A. depuis 10, 20, 30 ans. Est-ce à dire qu’elles sont condamnées à perpétuité ?… Elles pensent toutes que le trouble a élu domicile dans leur vie et qu’il ne s’en ira jamais. Les T.C.A. ne sont pas des maladies chroniques, autrement dit incurables ; ils représentent des troubles transitoires.

A défaut d’une écoute bienveillante, d’un entourage soutenant, d’informations, les sujets souffrant de T.C.A sont souvent isolés des prises en charge destinées à l’éradication de l’anorexie, la boulimie, ou encore l’hyperphagie. Ils sont souvent sans savoir que leur trouble n’est pas irréversible mais qu’au contraire il peut être traité par des professionnels de santé spécialisés dans les troubles des conduites alimentaires. Certes, plus un trouble est pris en charge précocement, moins il a le temps de s’encrypter et plus il sera aisé de le traiter.

Cependant, les adultes atteints d’un trouble des conduites alimentaires persistant ne sont pas causes perdues. Généralement, les T.C.A surgissent pendant la période adolescente ou au début de l’âge adulte. Il peut arriver que ces adolescents ou pré-adultes se retrouvent pris au piège, s’en issue de secours. Le trouble persiste et envahit le sujet. Il n’est pas judicieux de croire que, à l’âge adulte, les T.C.A. résisteront au temps. Le problème est que les adultes souffrant d’un T.C.A. sont d’autant plus convaincus que leur trouble les poursuivra que les années passent. Or, le temps perd son statut d’ennemi et devient un allié dès lors qu’ils entrent dans une démarche de guérison. Cette dernière nécessitera peut-être plus de temps mais elle saura sauver le sujet de son T.C.A.

Les T.C.A. chez l’adulte ne sont pas une fatalité ; la prise en charge est une nécessité.

Géraldine Munch