Message sur le Forum
Forum

Magali

« Pour Noa »

A MA FILLE

Ô mon enfant, tu vois, je me soumets.

Fais comme moi : vis du monde éloignée ;

Heureuse ? non ; triomphante ? jamais.

– Résignée ! –

Sois bonne et douce, et lève un front pieux.

Comme le jour dans les cieux met sa flamme,

Toi, mon enfant, dans l’azur de tes yeux

Mets ton âme !

Nul n’est heureux et nul n’est triomphant.

L’heure est pour tous une chose incomplète ;

L’heure est une ombre, et notre vie, enfant,

En est faite.

Oui, de leur sort tous les hommes sont las.

Pour être heureux, à tous, – destin morose ! –

Tout a manqué. Tout, c’est-à-dire, hélas !

Peu de chose

Ce peu de chose est ce que, pour sa part,

Dans l’univers chacun cherche et désire :

Un mot, un nom, un peu d’or, un regard,

Un sourire !

La gaîté manque au grand roi sans amours ;

La goutte d’eau manque au désert immense.

L’homme est un puits où le vide toujours

Recommence.

Vois ces penseurs que nous divinisons,

Vois ces héros dont les fronts nous dominent,

Nous dont toujours nos sombres horizons

S’illuminent !

Après avoir, comme fait un flambeau,

Ebloui tout de leurs rayons sans nombre,

Ils sont allés chercher dans le tombeau

Un peu d’ombre.

Le ciel, qui sait nos maux et nos douleurs,

Prend en pitié nos jours vains et sonores

Chaque matin, il baigne de ses pleurs

Magali.

Partagez Partager sur TwitterPartager sur FacebookPartager sur GooglePlusPartager sur PinterestPartager sur Linkedin