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Célèbre

Je suis boulimique non vomisseuse depuis 10 ans.

Je souffre depuis trop longtemps et veux en finir avec cette force intérieure qui me détruit à petit feu. J’ai d’abord été anorexique il y a maintenant dix ans ; une anorexique pure et dure au point de jouer avec la mort.

Un beau jour, j’ai commencé à maigrir pour 8 mois plus tard ne peser que 28 kilos (j’avais perdu 25 kgs). Je en sais pas comment je suis revenue à la vie car tous les médecins pensaient que je survivrais pas au dessous de 30 kgs.

A tort ou à raison, ma mère ne m’a pas placé dans un hôpital mais m’a forcé (je disais il y a encore quelques temps séquéstrée) à manger, si bien que pour lui échapper il me restait deux solutions : mourir ou manger et partir !!!

Si je suis devenue anorexique, c’est pour me faire remarquer même si en maigrissant je donnais l’impression de vouloir disparaître. Je n’ai pas vraiment réussi car ma mère a attendu que je termine mon année scolaire (même si je mettais ma santé en danger) pour m’emmener voir un médecin .

Par ailleurs, mon père ne s’est pas aperçu ou à voulu fermer les yeux sur mon amaigrissement. Ce n’est que lorsque je suis passer en dessous des 35 kgs, qu’il s’est inquiété et le jour d’ une prise de sang, où je n’arrivais pas à rester éveillée.

En définitif, j’ai eu pleins d’occasions de mourir mais la vie n’a pas voulu me quitter et en fait je ne suis pas sûre qu’à cette époque je voulais la quitter. Je crois que nous avons tous un ange gardien qui dans les moments extrémistes ou de détresse, il décide pour nous.

Alors comme vous vous en douter, j’ai choisi la solution de manger et je dire même maintenant de me gaver, de m’empiffrer !!!

Je trouve la boulimie pire que l’anorexie. Anorexique, je me sentais bien et ne me rendais pas compte de se que je faisais. je me regardais sans me voir !!!!

Je suis boulimique maintenant et ma vie a pris l’allure du parcours du combattant, un parcours pour du beurre, sans arme, sans guerre. C’est du moins ce que je crois, un parcours où je me sens ramper dans la boue, m’engluer, me redresser pour buter plus loin sur d’autres pierres.

Je vieillis, le temps passe, quel âge je peux avoir, j’ai arretté mon corps dans sa course mais je cours dans ma tête ; la bouffe est une façon pour moi de quitter ce monde cruel.

Jusqu’à présent, j’écrivais pour moi; J’ai décidé maintenant de partager ma souffrance, de l’écrire aux autres car je ne me considère pas comme un cas psychiatrique mais comme une malade. D’ailleurs mon médecin m’a fait remarqué à juste titre que si j’avais une rage de dent je ne resterais pas avec ce mal, je m’adresserais à un médecin pour qu’il me soulage. Il est donc normal que boulimique je consulte un médecin quand le moral flanche.

Je voudrais finir en disant à toutes les lectrices, que la boulimie n’est qu’un symptôme qui donne une consistance mais ne définit pas toute notre personne.

La boulimie est une drogue qui m’enterre et une amie à laquelle je peux m’accrocher, autour de laquelle je peux m’enrouler. Je peux m’en servir pour me protéger comme je peux la considérer comme la source de mon malheur ou de mes échecs.

Crises de boulimie, écoutez moi, j’ai essayé de me fuir et de vous fuir, désormais je vous regarde en face et bien décidée à ce que vous fassiez de mon passé!!

Une boulimique qui ne se sent plus seule

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