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Sandrillon

Sandrillon, il y a de fortes chances pour que ce pseudo évoque quelque chose pour vous puisque je gravite sur ce site depuis février 2000, intervenant de manière plus ou moins régulière.

Sandrillon, évocation de princesse de conte de fée. Ma vie n’en a pas été un.

Pas question de vous livrer, chiffres à l’appui, mon parcours de combattante. Je vous dirais simplement que je bataille depuis 11 ans avec les TCA. Anorexie, Boulimie avec vomissements, alternance de souffrances. Des poids frôlant les planchers (31 kgs), réanimation, tentative de suicide, 4 hospitalisations (au total un an, dans des services différents), des thérapies avortées, des progrès, des rechutes, des excès, de tout, de rien, de la dépression, des petits cachets avalés…

Un quotidien devenu trop quotidien.

Plutôt que de vous asséner de dates, de tailles, de poids, de traitements, je préfère, aujourd’hui faire un bilan de ces années noires. Je vois peu à peu le bout du tunnel et j’aimerais vous le décrire, vous parler de mes rêves, vous évoquer certaines choses que j’ai compris et appris à admettre.

Ma maladie, je la vois comme un paravent sous lequel j’ai caché pendant trop d’années des mots que je n’osais pas prononcer, des angoisses que je ne voulais pas révéler, des peurs refusées. J’ai traversé des océans houleux et frôlé maintes fois la mort avant de comprendre ce qui m’apparaît aujourd’hui comme un essentiel : je refusais de grandir car mon moi me faisait peur et je comptais trop sur les autres pour me sortir la tête de l’eau.

Mais, je ne veux plus susciter la pitié, la peur, la terreur, le doute. Je veux retrouver la confiance de mes proches et ma propre confiance. Je suis comme je suis et je me construis à mon image jour après jour.

Ma vie, elle dépend de moi. Refuser de manger, vomir mon angoisse, tenter de mettre fin à mes jours n’engage que moi et ne change pas le cours du monde. J’ai admis que si je cherche à me détruire personne ne pourra rien faire pour m’en empêcher. En revanche, si j’accepte de guérir, des mains se tendent et des bras sont là pour m’épauler.

Je ne parle pas de volonté de guérir car les TCA sont des maladies et je ne crois pas que la volonté soit suffisante quand on atteint un état trop critique, physique et moral. Mais, je parle de désir assorti d’espoir.