Bonjour, je suis Alice et je suis en surpoids.
J’ai 24 ans, et je souffre. Je suis en surpoids, je mange sans fin depuis l’âge de 14 ans, rêvant d’être mince, très mince, mais je suis loin de l’être. Quand cette envie me prend, je ne peux m’empêcher de manger sans retenue : du pain, des gâteaux, de la viande, du riz, n’importe quoi de délicieux. C’est presque un plaisir, puis c’est suivi d’un profond malaise et de la honte de m’être empiffrée comme ça. Je me déteste d’avoir tant mangé, incapable de contrôler mes pulsions, et je finis par vomir la nourriture que je ne veux plus en moi, que je déteste.
Je pèse actuellement 85 kilos pour 1m72. Je pourrais être jolie sans ce surpoids, je pourrais être aimée. Je déteste mon corps, et je suis certaine qu’aucun homme ne pourra m’aimer avec cette silhouette. Si j’étais boulimique jusqu’à en vomir, même si cela endommage ma gorge, je pourrais au moins contrôler mon poids. Si j’étais anorexique, je serais mince, car on ne l’est jamais assez, même si cela signifie risquer sa vie. Je sais que mes propos peuvent choquer, je réalise l’absurdité de mes pensées, mais c’est ce que je ressens. Je préférerais souffrir pour être mince plutôt que d’être grosse.
De toute façon, je souffre déjà. J’ai honte quand je suis dans la rue, je marche en me fondant dans les murs. Depuis septembre, j’ai pris tellement de poids que je n’ai plus que deux pantalons à ma taille. Je dois cesser de manger, mais c’est tellement difficile. Je dois perdre 25 kilos, et en réalité, j’aimerais peser 55 kilos, ce serait l’idéal. Mon apparence m’effraie, surtout dans mon domaine professionnel, celui de la mode. Je sens bien que les mannequins me jugent, elles semblent même penser que l’obésité est contagieuse.
Pourtant, j’aime mon métier de maquilleuse, dans ce milieu où la beauté physique est valorisée. Être en surpoids me bloque énormément, l’imaginez-vous !
Je dois maigrir, car cela a un impact sur ma vie sociale. Je ne vois plus mes amis, je ne sors plus danser, je ne veux plus m’amuser. J’ai honte de mon corps. L’idée de faire du sport me semble épuisante. Je n’ai plus de courage, et ma vie passe ainsi. Je sais que je rate tant de moments de joie. Il faut que je trouve la force. Depuis décembre, je vois une psy, et cela me fait du bien de parler.
Maintenant, il faut que je me retrouve dans mon corps, mon vrai corps, celui que cache toute cette graisse.
Alice






