Boulimie : l’appétit du manque

A propos de la boulimie, il est fréquent d’entendre que la nourriture vient combler un manque. Lequel ?… La nourriture console et surgit pour lutter contre une souffrance intolérable qu’est le manque. La personne souffrant de boulimie instrumentalise la nourriture comme une arme antidépressive contre l’angoisse du néant.

La boulimie incite l’individu à manger jusqu’à épuisement car elle vient masquer un blanc, une faille, un trop-peu ou pas-assez. Le sujet boulimique cherche, via son trouble, à pallier au manque. Un manque d’amour, un manque de soi, un manque de sens. Aux prises dans la spirale boulimique, on est exposé à ses propres douleurs intimes à l’instar d’une carence affective précocement traumatisante, d’une perte de sens au sujet de qui l’on est et de ce qui est. On ne parvient pas à mettre en mots sa souffrance et, la boulimie intervient pour anesthésier les pensées et calmer temporairement le mal qui dort en soi.

On comprend bien dès lors que le manque auquel la boulimie fait écho n’est pas aussi clair et circonscrit qu’il n’y paraît. Il s’étend du manque de l’autre, de celui ou celle que l’on aime et qui nous aime, au manque de signification de notre existence. En effet, la boulimie se nourrit du manque et l’entretient par là même. Elle confronte l’individu à son angoisse de l’absence. Contre cette absence, la boulimie figure une stratégie défensive pathologique pour la dissiper. La personne se rue immédiatement sur la nourriture au moindre signal d’angoisse ; les crises expriment intensément le manque plus qu’elle ne le comble.

Dans le trouble boulimique, l’individu s’engage dans une lutte acharnée contre un manque profondément ancré dans son psychisme. Le manque se rejoue à chaque crise et, sur la personne met la main mise.

Géraldine Munch sur Boulimie.com par Pascal Couderc

Géraldine Munch est psychologue clinicienne et auteure, totalement bilingue français espagnol.

Pascal Couderc est psychologue clinicien , psychanalyste et auteur, fondateur de boulimie.com en 1998. Il exerce à Montpellier et à Paris.

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