La boulimie : un tête-à-tête en solitaire

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La boulimie isole. Des autres, du monde extérieur et de la liberté d’être et d’exister pleinement au quotidien. Elle éloigne progressivement la personne qui en souffre d’elle-même, noyée dans les pulsions incontrôlables et destructrices que sont les crises de boulimie. Pourquoi ce trouble du comportement alimentaire complexe isole-t-il ceux qui en souffrent ? Et comment enrayer ce tête à tête en solitaire devenu insoutenable ?

Le symptôme boulimique

La boulimie est un trouble vicieux, à mi-chemin entre l’isolement et le désespoir. Les crises et leurs stratégies compensatoires sont chronophages, et plus épuisantes qu’il n’est encore possible d’imaginer.

Rares sont ceux qui perdurent dans leurs relations sociales, professionnelles, sentimentales ou encore familiales. En effet, le facteur boulimique est souvent générateur d’une vaste solitude

Ces aspects des différentes sphères sociales et interpersonnelles requièrent du temps. Un temps qui ne sera plus accordé aux autres mais au trouble de la conduite alimentaire qui a su prendre toute sa place dans la vie de celui qui en souffre.

Si les crises de boulimie et leurs mécanismes compensatoires prennent tant de temps et d’espace, c’est en raison de leur origine sous-jacente.

En effet, la boulimie n’est pas le nœud du problème. Cette pathologie n’est que le sommet émergé de l’iceberg. Un problème de surface qui vient cacher un mal être et une douleur sous-jacente bien plus insoutenables.

Jour après jour, la boulimie s’installe et prend place dans le quotidien du sujet, livré à lui-même face à un trouble dévastateur.

L’isolement dans la boulimie

Un trouble chronophage

Nous l’avons dit, la boulimie est chronophage.

Par les crises et les accès boulimiques tout d’abord, qui prennent du temps. Du début à la fin de la crise, le sujet en souffrance est pris par un besoin compulsif angoissant de manger. Une pulsion qu’il ne maîtrise pas et qui inonde entièrement son esprit.

Ces crises sont lourdes à porter, psychiquement comme émotionnellement. Le sujet est pris dans une tourmente qui l’isole et le renferme sur lui-même. Le bruit est insupportable.

Mais également par l’après-crise, lourd à vivre et à porter. Le sujet en souffrance est plongé dans une culpabilité envahissante qui l’immobilise et le plonge dans une spirale qui lui paraît sans fin.

Après les accès boulimiques, le sujet se sent généralement dévasté par un sentiment de honte qui le pousse à ne pas se montrer à la face du monde. Il est pris d’un sentiment terrible. Celui d’avoir cédé à l’appel de la nourriture qu’il ne souhaitait pas ingérer, et à laquelle il ne souhaitait pas penser.

Un trouble solitaire

En réalité, le sujet souffrant de troubles boulimiques pense qu’il a mal fait ou encore que les autres verront qu’il a grossi. Il ne se montre progressivement plus, de peur “que les autres sachent”. L’idée même que quelqu’un ne s’en rende compte, lui est insupportable.

Petit à petit, la boulimie fait son nid. Elle isole la personne souffrant de boulimie et la soumet à une errance solitaire : elle est en tête-à-tête avec soi-même.

Par compensation au bruit intérieur déjà si fort et éreintant, elle se retrouve seule. Elle perd alors les autres de vue, et se retrouve isolée à combattre cette maladie sournoise et vicieuse.

C’est un cercle vicieux, qui semble de plus en plus lourd à porter pour quiconque tente de sortir du carcan lourd et douloureux que représente cette maladie qu’est la boulimie.

Un effet domino

La boulimie est jalouse. Elle ne supporte pas qu’on la laisse seule. Par dessus tout, elle est aussi sournoise puisque au lieu d’être laissée pour compte, elle laisse le sujet seul.

Par effet domino, et alors que le sujet en souffrance est seul à multiplier les crises, il se coupe progressivement de son entourage pour se consacrer uniquement à la boulimie. Ce dernier en demande toujours plus au sujet, et n’a aucune limite : la boulimie est devenue le monde du sujet, qui n’y trouve plus d’issue.

En réalité, à défaut d’atténuer une angoisse sous-jacente, le trouble boulimique accroît le sentiment d’anxiété généré par les crises elles-mêmes.

La personne souffrant de boulimie est angoissée et sa douleur interne extrêmement vive. Elle mange de manière incontrôlable pour pallier à l’angoisse. Une crise de boulimie qui la culpabilise, et l’angoisse d’autant plus..

Le sujet est alors seul face à la souffrance que lui cause ce trouble du comportement alimentaire. Il n’a plus d’autre repère que lui-même, qui se voit progressivement sombrer dans un vaste gouffre de solitude et d’angoisse.

Le cercle vicieux de la boulimie est une cause d’isolement social. L’angoisse, les crises et les sentiments inavouables adjacents au trouble, mènent le sujet à rompre tout contact franc avec le monde des autres, qui passe en second plan du tableau.

Contrer la solitude

Une double réalité

Le syndrome boulimique a la particularité d’isoler le sujet au point que ce dernier se retrouve nez-à-nez avec lui-même.

Il fait le vide autour de lui. Il est plein de l’intérieur.

Un trop plein de souffrance, de remords, de honte et de culpabilité. Des sentiments d’autant plus destructeurs qu’ils rongent le sujet qui se noie dans les méandres du trouble du comportement alimentaire. Trouble qu’il tente pourtant de repousser jour après jour. 

Cette douleur et ce poids insupportables, qu’il tente de combler inconsciemment et à ses dépends. Par un schéma de crise où l’ingestion de nourriture est immense et anxiogène à la fois.

La boulimie est un trouble vicieux, jaloux et isolant du monde extérieur. En effet, alors que la personne atteinte de la pathologie boulimique tend à désinvestir la sphère des relations interpersonnelles, elle n’investit pas pour autant en elle-même.

Si la boulimie lui permet de ne pas penser momentanément à une douleur toujours plus insupportable qui attend son éclat, ou même à compenser une angoisse trop forte pour l’esprit humain – elle ne lui permet pas de la dépasser.

En réalité, la personne en souffrance fait face à son trouble qui lui cache une réalité douloureuse à supporter. La boulimie dessine à la peinture sur un tableau dont les traits du patient sont tracés à l’encre invisible à l’œil nu. Elle recouvre momentanément la solitude, l’angoisse et la douleur, par une dose toujours plus prenante de ces mêmes sentiments sous-jacents.

Une double réalité en constante confrontation, qui la noie dans une réalité qu’elle n’est pas.

Le travail thérapeutique

Consulter un thérapeute expert en troubles du comportement alimentaire, psychologue ou psychanalyste, est alors essentiel. Sortir de ce tête à tête en solitaire est vital pour la personne souffrant de ce trouble alimentaire qu’est la boulimie.

Sortir de l’isolement causé par la boulimie elle-même. Mais aussi faire face, dans un lieu neutre et bienveillant, à la souffrance et la douleur sous-jacente à ce trouble.

Car si la souffrance est parfois insupportable à s’imaginer, les troubles alimentaires restent le symptôme de ce mal-être qui tente de se faire entendre.

Être accompagné et épaulé dans sa démarche permet de mettre le doigt sur ce qui plonge le sujet dans la double peine de la solitude.

Seul face au monde qui ne saisit pas. Seul face à soi-même, qui tente au mieux au quotidien de survivre à un trouble et une réalité trop douloureuse à porter.

Pascal Couderc, psychologue clinicien, psychanalyste et auteur, fondateur de boulimie.com en 1998, vous accompagne dans ce cheminement. Il exerce à Paris, Montpellier et en visio consultation.

Lorsque l’on souffre de boulimie, rare sont ceux qui perdurent dans leurs relations sociales, professionnelles, sentimentales ou encore familiales. En effet, le facteur boulimique est souvent générateur d’une vaste solitude.

Une personne atteinte de la pathologie boulimique tend à désinvestir la sphère des relations interpersonnelles. Les crises de boulimie et leurs éventuelles stratégies compensatoires requièrent du temps, un temps qui ne sera plus accordé aux autres mais au trouble de la conduite alimentaire. Après les accès boulimiques, le sujet se sent généralement dévasté par un sentiment de culpabilité qui le pousse à ne pas se montrer à la face du monde. Il a honte d’avoir céder à l’appel de la nourriture, il pense qu’il a mal fait, que les autres verront qu’il a grossi et cela lui est insupportable. Petit à petit, la boulimie fait son nid : elle isole la personne souffrant de boulimie et la soumet à une errance solitaire ; on est en tête-à-tête avec soi-même. On perd les autres de vue.

La boulimie est jalouse, elle ne supporte pas qu’on la laisse seule. Elle est aussi sournoise puisque au lieu d’être laissée pour compte, elle laisse le sujet seul. A multiplier les crises, le sujet se coupe de son entourage pour se consacrer uniquement à son trouble. Ce dernier en demande toujours plus au sujet. A défaut d’atténuer une angoisse sous-jacente, le trouble boulimique accroît le sentiment d’anxiété généré par les crises elles-mêmes. On est angoissé, on mange pour palier à l’angoisse, on culpabilise, on est de nouveau angoissé etc… Le cercle vicieux de la boulimie est une cause d’isolement social. L’angoisse, les crises et les sentiments inavouables adjacents au trouble mènent le sujet à rompre tout contact franc avec le monde des autres.

Le syndrome boulimique a la particularité d’isoler le sujet au point que ce dernier se retrouve nez-à-nez avec lui-même. Les autres ne peuvent rien : c’est là ce que pense le sujet boulimique, à tort. Une boulimie de perdue et les autres sont retrouvés.

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