Le sentiment de honte dans les T.C.A.

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Les troubles alimentaires provoquent chez la personne qui en est atteinte, une foule de sentiments. Tout est démultiplié et ressenti avec énormément d’intensité. Le sentiment de honte compte parmi ces oppressions de l’esprit envahissantes. D’où vient-il et quelle est sa répercussion ?

La honte

La honte est un sentiment pesant. Un sentiment pénible d’infériorité et même d’humiliation face à soi ou autrui. Ce sentiment désagréable est un des principaux dénominateurs communs aux troubles des conduites alimentaires (T.C.A). Ni l’anorexie, ni la boulimie ou encore l’hyperphagie ne sont épargnés par ce sentiment.

La honte est un sentiment fort et omniprésent chez les sujets qui sont touchés par ces troubles alimentaires.

C’est un sentiment qui tambourine à la porte de l’esprit, sans une seule minute de répit. Il épuise, angoisse, pétrifie et puise dans l’énergie du sujet.

En effet, les personnes souffrant de ces pathologies ressentent une certaine honte par rapport à leurs actions et leurs pensées. Trop manger, ne pas contrôler ses crises, grossir ou encore compter ses calories dans les moindres détails peuvent en être à la source. Une honte d’être, et d’exister. Une honte de la différence et de la perte de contrôle.

Le sujet souffrant de T.C.A peut-être enclin à deux types de honte. Une honte intrinsèque. Le sujet a honte car il juge lui-même ses actes comme détestables. Une honte sociale. Le sujet a honte car il se pense anormal parmi les autres du fait de son trouble. C’est la combinaison de ces deux types de honte qui mènent le sujet atteint de troubles du comportement alimentaire à se retirer du monde et d’autrui.

Bien plus encore, la honte envahit profondément le sujet atteint de troubles alimentaires au point qu’il se sente coupable d’avoir honte. La culpabilité aussi, est un trait commun dans les troubles alimentaires. Elle est synonyme d’un mal-être profond et sincère, mais surtout, d’un désir toujours présent de fraction de vie.

“Ce n’est pas le mal, mais le bien, qui engendre la culpabilité.” – Jacques Lacan

Un rempart dans les troubles alimentaires

La forteresse

Les troubles alimentaires sont bien souvent un rempart. Un rempart à la douleur, face à une existence trop lourde à supporter ou à vivre. Ces troubles, comme l’anorexie, la boulimie ou même l’orthorexie, sont donc une réponse inconsciente à un mal-être.

Ils sont une réponse indirecte à un déséquilibre psychique très fort, symptôme extérieur d’une réalité intérieure douloureuse.

Ainsi, les troubles alimentaires sont comparable à une forteresse qui se construirait contre le gré de la personne touchée par cette pathologie. Les pierres qui se hissent peu à peu autour de l’esprit et du cœur du sujet, sont lourdes et encombrantes.

Peu à peu, ce n’est plus le libre arbitre qui dirige le sujet, mais bien l’emprise psychique de la maladie.

La honte d’être ce qu’il est l’envahit. La honte de ne pas être ce qu’il n’est pas lui pèse. Il est submergé.

Une double peine..

Entre ces murs d’emprise alimentaire, la personne oscille entre une faute qu’elle pense commettre et la repentance face à ces dites fautes.

Avec le temps, les troubles alimentaires infligent rapidement une double peine au sujet. Progressivement, naît en lui la culpabilité de sa honte.

En effet, il se sent alors coupable d’avoir honte. Les sentiments s’entremêlent et la culpabilité entraîne un nouveau sentiment de honte, dans un cercle vicieux d’obsession douloureuse.

“Parfois le châtiment entraîne la culpabilité.” – Stanislaw Jerzy Lec

En réalité, dans l’esprit d’une personne atteinte de troubles alimentaires, les sévices qu’elle s’inflige à elle-même sont porteurs d’un aspect moral discriminant les menant à la culpabilité de ces comportements.

Exemple : “Je sais que ce que je fais n’est pas bien, mais je ne peux m’en empêcher. Je déteste me voir agir ainsi. Je suis nul. De toute façon, je n’arrive jamais à rien et ce n’est pas prêt de s’arrêter.”

Avec le temps, ces sentiments de honte s’aggravent. La honte de ne pas l’avoir dit plus tôt, la culpabilité de faire souffrir son entourage, la honte de ne pas être l’enfant parfait et la culpabilité de prendre de la place dans ce monde.

..En pleine conscience

La honte dans les troubles des conduites alimentaires est d’autant plus envahissante qu’elle révèle la pleine conscience du sujet qui sait pertinemment que ses gestes autodestructeurs sont mauvais.

Dans la honte, le sujet se fait disparaître pour ne plus avoir à assumer d’être son propre traître. C’est une preuve de plus, du caractère douloureux et incontrôlable des troubles du comportement alimentaire.

La honte est si persécutrice pour la personne qui la subit, qu’elle la précipite dans un repli sur soi mortifère.

Arrêter d’avoir honte ?

La honte est un sentiment légitime, au même titre que la joie, la tristesse ou l’excitation. Il n’y a pas de honte à avoir honte. Bien au contraire.

La honte est un signal d’alerte. Un message de votre esprit qui tente de vous souligner le décalage entre deux pensées qui vous traversent. Ce sentiment de honte dans les troubles du comportement alimentaire indique le chemin à celui qui en souffre. Une piste vers le chemin à emprunter, afin de trouver l’équilibre entre une réalité espérée et une réalité douloureuse.

Le visage de la honte ou de la culpabilité, est un phare dans la tempête sur le chemin de la sérénité. Il n’y a pas de honte à trop manger ou à ne pas réussir à se nourrir. En revanche, il y a là une détresse qu’il faut appréhender avec le bon professionnel.

En réalité, avoir honte, c’est ainsi un moyen pour la personne en souffrance de reconnaître qu’elle agit contre elle-même, et un pas vers la sortie de son trouble.

Consulter un thérapeute

Le sentiment de honte dans les troubles du comportement alimentaire n’est donc pas condamnable. Il est synonyme d’une possibilité d’évolution positive hors de la sphère des troubles comme l’anorexie, la boulimie ou l’hyperphagie.

Consulter un professionnel, expert dans les troubles du comportement alimentaire est essentiel. C’est une décision courageuse. Un psychologue, psychiatre ou psychanalyste sera à votre écoute afin de vous soutenir dans cette démarche. Consulter en ligne, via la visio consultation est une possibilité qu’offre la modernité face à la difficulté de certaines situations.

Consulter un psy en ligne permet de se rapprocher, au plus vite, du professionnel adapté et à l’écoute dans votre démarche, hors des troubles du comportement alimentaire. (voir notre page contact). Le travail thérapeutique est vital et accessible à tous, pour les malades comme pour leur entourage.

Les troubles alimentaires ne sont plus un tabou.

Pascal Couderc, psychologue clinicien, psychanalyste et auteur, fondateur de boulimie.com en 1998, vous accompagne dans ce cheminement. Il exerce à Paris, Montpellier et en visioconsultation.

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