Les crises de boulimie

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Les crises de boulimie sont l’expression d’une complexité sous-jacente. Bien que souvent incomprises ou mal interprétées, les crises de boulimie suivent progressivement un schéma. Celui du doute, de la perte de contrôle et de la culpabilité inarrêtable. D’où proviennent ces crises de boulimie, et comment les arrêter ?

La boulimie

Un schéma

La boulimie est un trouble du comportement alimentaire bien connu, car très répandu. C’est une maladie en schéma, qui se répète inlassablement.

La personne qui en souffre est prise au piège d’une force qu’elle ne contrôle pas, qui la maintient en vie en même temps de la tuer à petit feu.

La boulimie est extrêmement destructrice pour la personne qui en souffre et qui en subit les lois autoritaires. Des lois strictes où la marge de manœuvre est faible, conduisant bien souvent la personne en souffrance à une sensation d’échec et de culpabilité.

Mais aussi par l’incompréhension externe, en provenance de l’entourage ou de la société. Les propos sont parfois moralisateurs et emplis de jugements.

Un symptôme

En réalité, la boulimie est une tentative de l’esprit, de soulager un mal-être. C’est une solution au départ instantanée, qui au fil des jours, devient un poison létal.

Ce trouble alimentaire, au même titre que l’anorexie ou même l’hyperphagie, est le symptôme direct d’une douleur trop lourde à porter dans l’existence. Le besoin d’ingérer de la nourriture devient peu à peu incontrôlable. Il remplace alors toute autre activité quotidienne : la boulimie a su prendre toute sa place.

L’urgence est telle, que la personne en souffrance bataille sans cesse contre une pulsion qu’elle tente de restreindre. Une pulsion qui, avec le temps, devient insoutenable. Le sujet en souffrance craque : il ingère de la nourriture dans un espace temps réduit, sans pouvoir arrêter la machine en route.

Un traumatisme

Ces crises de boulimie sont extrêmement traumatisantes.

Traumatisantes pour l’esprit tout d’abord, épuisé de batailler contre ces forces inconscientes qui le maintiennent éveillé. En effet, la bataille interne est féroce.

Entre honte, culpabilité et dégoût de soi, les sentiments et sensations que ressentent les personnes souffrant de boulimie sont multiples et dévastatrices.

Parallèlement, les crises de boulimie sont traumatisantes pour le corps. Les quantités de nourriture ingérées sont telles que le corps subit des chocs quotidiens.

Les mécanismes compensatoires de la boulimie, que peuvent être l’excès de sport, la prise de laxatifs ou encore les vomissements sont eux aussi nombreux et traumatisants.

Les crises de boulimie marquent ainsi définitivement un tournant dans le quotidien et la trajectoire de vie d’un sujet. Chronophage et émotionnellement éreintantes, voici leur déroulement.

Le déroulement des crises

La pré-crise

La crise de boulimie commence par l’envahissement de la pensée. En effet, contrairement aux idées pré-conçues, elle ne commence pas dans l’assiette mais dans la tête !

Progressivement et souvent soudainement, la personne en souffrance est comme coupée de la réalité et prise d’une violente tourmente émotionnelle. Elle ressent un sentiment diffus de malaise, de tension, d’angoisse..

Les émotions et les états d’âme sont plus bruyants que toute autre chose.

Puis, l’idée de la nourriture devient omniprésente. Les capacités psychiques sont mobilisées avec violence, en direction de cette unique idée : la nourriture.

La personne en souffrance ressent alors un besoin impératif de manger. Ce besoin est urgent et soudain. Il est fort et presque incompressible : seule l’ingestion de nourriture compte désormais.

Les tentatives de lutte sont nombreuses et épuisantes. Par ailleurs, et en raison de leur forte empreinte, elles sont le plus souvent vaines.

Ces pensées envahissantes et omniprésentes, peuvent durer toute la journée s’il n’est pas possible de passer à l’acte tout de suite..

La crise

Le début de la crise correspond à un moment bien précis. Celui où la volonté cède à cette pulsion urgente et incontrôlable d’ingérer de la nourriture.

Nous l’avons dit, les pensées sont lourdes et envahissantes. Elles deviennent alors insoutenables. La personne qui les subit craque face à cette omniprésence mentale et émotionnelle. Elle cède face à la pression dont elle ne connaît pas l’origine, et qui sait pourtant manifester sa présence.

La personne boulimique tente alors de “compenser” ses émotions. Émotions qui sont le plus souvent ressenties comme un vide intérieur immense et béant, dont elles ont parfois peur d’être avalées.

La personne en souffrance est alors envahie par la perte de contrôle et un besoin vital d’assouvir cette pulsion qui ne la lâche plus.

La crise de boulimie à proprement parler, se manifeste par une ingestion compulsive et désordonnée d’une grande quantité d’aliments. Nous parlons de plusieurs milliers de calories, impossible à se représenter pour la plupart.

Bien que l’on note une préférence pour des aliments sucrés et pour une nourriture très riche, il s’agit en effet bien souvent d’aliments évités voire proscrits en dehors des crises.

La personne se trouve alors dans un état sans pensée. Elle est comme vide et pleine à la fois.

Elle mange sans plaisir, mais avec la satisfaction de ne plus penser – au moins pendant le temps de la crise.

Bien souvent, elle ne peut s’arrêter que lorsque « c’est plein ». Quand il n’est plus possible d’ingérer quoi que ce soit, pas même une gorgée d’eau. Le signal distinctif est, bien souvent, celui de la douleur physique.

L’après crise

Au bout d’un temps variable, selon la personne, la fréquence et la quantité, la personne en souffrance ressent un sentiment de douleur morale intense.

Celui-ci se manifeste par une grande culpabilité, parallèlement à un écœurement physique.

Les comportements compensatoires qui suivent, comme les vomissements éventuels, apportent un certain soulagement. Des comportements extrêmement nocifs et délétères pour le corps comme pour l’esprit.

Ces comportements ne sont pas de tout repos. Ils s’accompagnent d’une profonde honte et de remords.

C’est le moment des résolutions, des promesses sincères de ne pas recommencer la prochaine fois.

En dehors de ces crises à répétition, les comportements alimentaires sont souvent perturbés. On retrouve notamment une succession de régimes, une alimentation irrégulière et déséquilibrée, ou encore des troubles du sommeil.

Casser le cycle des crises de boulimie

Lorsqu’une personne souffre d’un ou plusieurs de ces symptômes apparentés aux crises de boulimie, il est urgent d’agir le plus rapidement possible.

Si toute guérison ou accompagnement vers la sortie de ce trouble alimentaire passe toujours par l’information, il est également primordial de contacter un thérapeute expert, psychologue ou psychanalyste.

Le cycle de ces crises est en effet féroce, et ne pardonne pas la personne en souffrance. S’informer, démystifier et frapper à la bonne porte est le premier pas en avant, sur le chemin de la guérison.

Si l’incompréhension est souvent brutale et monnaie courante, trouver une oreille attentive est pourtant urgent. Un thérapeute spécialisé dans les troubles du comportement alimentaire vous permettra de mettre le doigt sur les douleurs insoutenables, à l’origine de ce trouble.

Car rappelons le, la boulimie est bien loin d’être une folie de l’esprit. Elle est la boussole qui mène au cœur du problème. Une douleur, une souffrance incomprise, un poids de l’existence trop lourd à porter, et qui ne demande qu’à être entendu et soutenu dans son expression la plus totale.

Pascal Couderc, psychologue clinicien, psychanalyste et auteur, fondateur de boulimie.com en 1998, vous accompagne dans ce cheminement. Il exerce à Paris, Montpellier et en visio consultation.

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