Les T.C.A ou quand la nourriture nous tue

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La nourriture porte une saveur particulière tout autour du globe. Elle réunit, divise, rassemble et sépare. Elle est tantôt source de survie, tantôt source de plaisir. Dans les troubles alimentaires, la nourriture ne répond plus à un besoin vital. Elle est transformée et transférée à la position d’objet obsessionnel. L’alimentation ne répond alors plus à un besoin physiologique, mais à une destruction lente et incontrôlable.

La nourriture

Un besoin biologique vital

La nourriture répond à un besoin vital. Elle est ce qui entretient la vie d’un organisme vivant. Elle lui procure des substances à assimiler : des aliments. Ceux-ci concourent à l’apport essentiel d’énergie, de vitamines et de minéraux.

La nourriture permet de vivre, de courir, de réfléchir, mais aussi de dormir et de se bouger. Elle alimente les muscles, les os, le réseau sanguin ou encore immunitaire. L’alimentation est l’électricité du corps, qui ne pourrait vivre sans.

Un moyen de défense

Chez l’Homme, la nourriture porte également une autre dimension. La dimension psychologique de la nourriture. Elle est significative de partage, de plaisir, de moments de fêtes. Elle va et vient dans la vie des individus, et porte une charge sociale et culturelle différente selon les époques et les coutumes.

Dans les troubles alimentaires, la nourriture est elle aussi imprégnée d’affect. Ce qui reste commun aux différentes variantes de ces troubles, que sont l’anorexie, la boulimie ou même l’hyperphagie, c’est bien l’utilisation détournée de la nourriture.

Source princeps de vie, la nourriture s’en trouve pervertie. Elle n’est plus uniquement l’objet d’un besoin vital à combler, mais celui d’une obsession.

En effet, aussi bien dans l’anorexie, la boulimie que dans l’hyperphagie, on se rend compte que la nourriture a quitté sa fonction première : maintenir l’individu en vie. C’est en cela que les aliments sont pervertis. Ils ne sont plus consommés pour garantir la pérennité de l’organisme mais utilisés à des fins défensives.

L’esprit se défend d’un mal-être ou d’une réalité lourde à porter. Il se défend ainsi contre une angoisse insupportable et qui consume le sujet à petit feu. En se focalisant uniquement sur la nourriture en point d’en faire une obsession, il ne s’aperçoit alors plus du reste de sa douleur.

On retrouve alors certaines angoisses communes aux troubles alimentaires respectifs. L’angoisse du manque dans la boulimie, l’angoisse d’un trop-plein dans l’anorexie ou encore l’angoisse de la solitude dans l’hyperphagie.

Ainsi, les troubles alimentaires sont une réponse à un mal-être. C’est la nourriture qui sert de support, de moyen de défense, face à ces douleurs insupportables.

Un homicide

Un homicide psychique

Paradoxalement, dès lors que la nourriture prend trop de place, elle en vient à asphyxier le sujet par son omniprésence et sa nature énergivore.

Dès lors, l’idée de la nourriture en vient à tuer le sujet. La personne atteinte de troubles du comportement alimentaire se meurt en elle-même. Ses obsessions alimentaires l’empoisonnent et elle perd tout espoir et toute confiance en elle.

Le sujet n’a plus de place pour réfléchir et se développer. Elle est épuisée. Son cercle social s’appauvrit, ses passions périssent, ses objectifs scolaires ou professionnels ne trouvent plus leur place.

C’est l’anorexie, qui prend le relai de la vie du sujet en détresse, le coupant peu à peu de tout son quotidien, des détails comme des grands événements. Le sujet s’éteint alors, et meurt derrière son trouble qui triomphe.

Dans l’anorexie par exemple, on pourrait davantage comprendre combien la personne qui en souffre meurt de l’extérieur, tant son corps s’efface peu à peu. En cessant de s’alimenter, elle disparaît progressivement.  “L’anorexie me ronge.”

Dans la boulimie par exemple, on comprend davantage combien la personne qui en souffre est littéralement avalée de l’intérieur par la nourriture. « La nourriture, cela me bouffe »

En réalité, les troubles alimentaires font état d’un symptôme où la nourriture nuit au sujet, qui tentait en premier lieu de s’aider.

Un homicide physique

La nourriture l’aliène et le dépossède de ses forces, par l’effort psychique et physique appelé par les principes alimentaires que les sujets se dictent à eux-mêmes.

La valence pathologique des Troubles des Conduites Alimentaires réside dans une consommation pervertie de nourriture. Les aliments ne sont plus source de vie mais de destruction. Ils ne sont plus source de survie mais d’angoisse.

Manger ou ne pas manger, quand, où, comment, qui, en quelle quantité, de quelle nature.. Tout devient un supplice qui précipite le sujet dans l’abysse des troubles alimentaires. La nourriture, alors qu’elle devrait participer à la survie d’un individu, le plonge alors dans une spirale mortifère de destruction et d’emprise inconsciente.

Parallèlement, c’est aussi la santé qui en pâtit. Le sommeil est perturbé, le corps est affaibli, les muscles sont atrophiés, le cerveau est ralenti. Selon les pathologies, certaines maladies graves peuvent même se déclarer, comme un diabète de type 2, le déchaussement dentaire ou les problèmes cardiaques.

Consulter un thérapeute

Il est alors essentiel de consulter un thérapeute spécialisé dans les troubles du comportement alimentaire. Consulter un psychologue expert dans le domaine des tca permet de trouver l’écoute nécessaire, et d’être accompagner vers le chemin de la guérison émotionnelle et physique.

Il existe différentes thérapies accessibles pour sortir des troubles du comportement alimentaire. Les thérapies de l’anorexie, les thérapies de la boulimie, la thérapie psychanalytique, la thérapie comportementale et cognitive ou encore les groupes de parole.

Par ailleurs, il n’est plus nécessaire de se rendre en cabinet pour les consultations. Consulter un expert spécialisé qui saura être à votre écoute est maintenant possible de chez vous, en visio consultation. C’est une démarche simplifiée par la technologie, permettant de prendre contact rapidement avec le bon professionnel.

Les troubles du comportement alimentaire comptent parmi les pathologies liées à l’alimentation les plus sévères et pour lesquelles il est urgent et nécessaire d’agir rapidement. Le travail thérapeutique est essentiel : sortir des troubles alimentaires est possible, et le lien thérapeutique est vital.

Il n’est pas réservé au patient seul. Les proches aussi peuvent en bénéficier, car il n’y a pas de questionnement inutile et il est important de construire un environnement ouvert, stable et compréhensif face à la vélocité de ces troubles du comportement alimentaire dont les énigmes doivent être éclairées.

Pascal Couderc, psychologue clinicien, psychanalyste et auteur, fondateur de boulimie.com en 1998, vous accompagne dans ce cheminement. Il exerce à Paris, Montpellier et en visioconsultation.

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