L’obésité

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Véritable problème de santé publique, en quelques décennies, le surpoids et l’obésité, en France comme ailleurs, ont gagné du terrain. Ce stockage excessif de gras dans le corps a des conséquences multiples pour la santé. Dans une société qui fait de la minceur un critère de normalité et de beauté, on assiste à une véritable grossophobie. Une discrimination sociale qui vient s’ajouter à un mal-être physique et psychologique. Qu’elle soit liée à une mauvaise hygiène de vie, des antécédents génétiques ou psychologiques, ou encore des troubles du comportement alimentaire, la surcharge pondérale est loin d’être uniquement une question de nutrition. En plus d’un suivi médical, une prise en charge psychologique est indiquée pour repérer et traiter les causes et les conséquences, et s’orienter vers la guérison.

Une maladie chronique de la nutrition

Oui, il s’agit bien d’une maladie puisqu’elle affecte la santé des personnes qui en souffrent et réduit leur espérance de vie.

Elle consiste en un excès de graisse dans les tissus adipeux qui a des répercussions sur le bien-être physique, psychologique et social des malades. Même si on la rencontre davantage dans les pays occidentalisés, elle touche désormais tous les pays.

Surpoids et obésité : quelle différence ?

On considère qu’une personne est en surpoids lorsque son IMC (indice de masse corporelle) est compris entre 25 et 29,9 kg/m2.

L’obésité correspond à un IMC supérieur à 30 kg/m2. Elle est dite :

  • modérée (entre 30-35) ;
  • sévère (entre 35-40) ;
  • ou morbide (au-delà de 40).

Si le surpoids fragilise également la santé somatique et psychique, on ne le considère pas comme une maladie chronique. Il est cependant un facteur de risque de devenir obèse.

En France, 54 % des hommes et 44 % des femmes ont un IMC supérieur à 30.

37 % des adultes sont en surpoids et 17 % sont obèses, soit 10 millions de personnes.

Les causes de la surcharge pondérale

La malnutrition et la sédentarité sont les premières causes montrées du doigt. D’une part, dans notre société de consommation, nos habitudes alimentaires (l’abondance de nourriture, l’alimentation industrielle, les aliments riches et énergétiques, des prix abordables…) facilitent aujourd’hui l’excès d’apport calorique et la malbouffe.

D’autre part, nos modes de vie (déplacements motorisés, loisirs, position assise durant des heures au travail, etc.) engendrent une activité physique moindre et des dépenses énergétiques insuffisantes.

Des facteurs génétiques sont aussi impliqués. Les scientifiques de l’INSERM et du CNRS ont ainsi mis en évidence la responsabilité de certains gènes dans la prise de poids et les problèmes d’obésité. Des données qui confirment une prédisposition à la surcharge pondérale plus forte lorsque des membres de la famille sont obèses.

Pour finir, des facteurs psychologiques et environnementaux jouent aussi un rôle dans ces maladies de la nutrition :

  • trouble du comportement alimentaire (TCA) : grignotage, hyperphagie et parfois boulimie ;
  • troubles anxieux ;
  • dépression ;
  • consommation en excès d’alcool, voire alcoolisme ;
  • manque de sommeil.

Quelles répercussions physiques et psychologiques ?

À la longue, cet excès de graisse peut entraîner des troubles graves dans le fonctionnement de l’organisme. La plupart des personnes obèses souffrent de problèmes métaboliques et physiques tels que :

  • maladies cardio-vasculaires (AVC ou accident vasculaire cérébral, troubles cardiaques…) ;
  • hypertension artérielle ;
  • cholestérol trop élevé ;
  • diabète ;
  • cancers ;
  • troubles respiratoires ;
  • reflux gastro-œsophagien;
  • problèmes articulaires et osseux ;
  • incontinence ;
  • apnées du sommeil ;
  • trouble de la fertilité.

Mais il n’y a pas que sur le plan somatique que des conséquences délétères au bien-être apparaissent. La surcharge pondérale fait aussi des ravages psychologiquement et socialement avec :

  • une fragilisation de l’estime de soi ;
  • des états dépressifs ;
  • un isolement social ;
  • et de la discrimination.

Le traitement du surpoids et de l’obésité

Une prise en charge pluridisciplinaire est indiquée. Pour que le patient y adhère, cette approche globale doit prendre en compte ses pathologies physiques et psychologiques, ainsi que sa personnalité, son histoire et ses habitudes de vie.

Un suivi médical est nécessaire pour traiter et prévenir les nombreuses complications physiologiques. Dans les cas d’obésité morbide, un traitement chirurgical peut également être envisagé.

Une perte de poids et une activité physique régulière sont incontournables pour rétablir un bon métabolisme et sortir des maladies de la nutrition. Cela implique des changements d’habitudes qui demandent un effort soutenu tant physiquement que moralement.

Un accompagnement psychologique est souvent conseillé pour soutenir la personne en surcharge pondérale dans cette démarche et conserver sa motivation à maigrir.

Un suivi thérapeutique devient fondamental si une mésestime de soi et des épisodes dépressifs sont associés. Ce travail sur soi permet par ailleurs d’identifier, de comprendre et de gérer les éventuelles souffrances psychiques à l’origine de cette prise de poids.

N’hésitez pas à consulter un psychologue ! Surtout si vous faites face à un trouble du comportement alimentaire.

Pascal Couderc, psychanalyste et psychologue clinicien, spécialisé dans la prise en charge des troubles de l’alimentation, vous reçoit en cabinet à Paris et à Montpellier. Il assure également des thérapies à distance via des visioconsultations.