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L’anxiété

Pourquoi sommes-nous anxieux ?

L’anxiété : une nécessité absolue.

Depuis le début de la vie sur terre, toutes les espèces qui ont vécu ou qui vivent maintenant – nous y compris- ont relevé le défi de la survie. L’adaptation biologique est une lutte de tous les instants mettant en jeux nombres de mécanismes, notamment comportementaux.

De la bactérie à l’homme, l’anxiété est une réaction automatique normale (réflexe) répondant à la présence d’un danger imminent auquel il convient de réagir (soit en fuyant ou en faisant face d’une quelconque façon) afin de préserver la vie de l’espèce.

Il s’agit donc là d’un comportement fondamental dont l’objectif est d’activer l’organisme et le mettre en situation de se protéger contre l’agression ou la menace d’agression.

A ce comportement sont associés plusieurs modifications physiques et psychologiques : COMMENT L’ANXIETE SE TRADUIT-TELLE PHYSIQUEMENT ?

  • Effets biochimiques et neurologiques
  • Effets cardio-vasculaires
  • Effets respiratoires
  • Autres effets physiologiques

LES TROUBLES ANXIEUX

  • Anxiété généralisée
  • Phobie sociale
  • Trouble panique
  • Agoraphobie
  • Obsessions-compulsions (” TOC “)
  • Stress post-traumatique

COMMENT L’ANXIETE SE TRADUIT ELLE PHYSIQUEMENT ?

Les effets biochimiques et neurologiques

Quand un danger est perçu ou anticipé, le cerveau envoie un message à une partie du système nerveux appelée système nerveux autonome. Celui se subdivise lui-même en système nerveux sympathique d’une part, et système nerveux parasympathique, d’autre part.

Ces deux composantes du système nerveux autonome sont directement impliquées dans le contrôle du niveau d’énergie du corps et dans la préparation à l’action. Pour simplifier, disons que le système nerveux sympathique est le système “faire face ou fuir” qui libère de l’énergie nécessaire pour mettre le corps en condition de réagir au danger, tandis que le système nerveux parasympathique rétablit la normalité.

Le système nerveux sympathique a tendance, dans une large mesure, à être un “système du tout ou rien”. Lorsqu’il est stimulé, toutes ses composantes se déclenchent. Autrement dit, soit tous les symptômes se manifestent en même temps, soit aucun d’entre eux ne se manifeste. Il est donc rare que ses effets se concentrent dans une seule partie du corps. Cela peut expliquer la raison pour laquelle la plupart des attaques de panique présentent de nombreux symptômes et non pas juste un ou deux.

Un des effets majeurs du système nerveux sympathique consiste à libérer dans l’organisme deux substances chimiques : l’adrénaline et la noradrénaline, sécrétées par les glandes surrénales situées sur les reins. Ces substances sont utilisées comme messagers par le système nerveux sympathique pour prolonger son effet ; c’est ainsi qu’à partir du moment où l’activité du système nerveux sympathique est déclenchée, elle est prolongée et s’accroît même pendant quelque temps grâce à l’activité des glandes surrénales.

Cette activité est toutefois interrompue de deux façons : premièrement, les messagers chimiques, l’adrénaline et la noradrénaline (des neurotransmetteurs), sont finalement détruits par d’autres substances chimiques présentes dans l’organisme ; deuxièmement, le système nerveux parasympathique (qui réagit généralement en opposition au système nerveux sympathique) se met en branle et rétablit un état de relâchement, de détente de l’organisme.

Autrement dit, l’état d’anxiété ne peut durer indéfiniment et atteindre des niveaux dommageables. Le système nerveux parasympathique est un protecteur interne naturel : il empêche le système nerveux sympathique de s’emballer.

Les messagers chimiques (adrénaline et noradrénaline), quant à eux, requièrent un certain délai avant d’être neutralisés par l’organisme. Ainsi, même lorsque le danger est passé et que le système nerveux sympathique a stoppé la réaction, il est fort probable que l’on éprouve encore un peu d’anxiété et d’appréhension pendant un petit laps de temps, car ces substances circulent encore librement dans l’organisme.

Les effets sur le système cardio-vasculaire

L’activité du système nerveux sympathique provoque une accélération du rythme cardiaque et une augmentation de la force des battements. Ces effets sont vitaux pour préparer l’organisme à réagir, car ils contribuent à accélérer la circulation du sang, augmentant ainsi l’apport d’oxygène vers les tissus tout en les débarrassant des déchets de l’organisme.

Il se produit également un changement dans le flux sanguin. En pratique, le sang est détourné des parties du corps d’où sa présence est moins vitale (par une constriction des vaisseaux). Par exemple, le sang est drainé de la peau, des doigts et des orteils.

Cette réorganisation du débit sanguin est fort utile, car si l’organisme est agressé et blessé de quelque façon que ce soit, il y a ainsi peu de risques qu’une hémorragie fatale se produise.

C’est pour cette raison que, lors d’une poussée d’anxiété, la peau devient pâle et froide au toucher, de même que les doigts et les orteils deviennent froids et que l’on ressent parfois de l’engourdissement et des picotements. En fait, le sang est détourné vers les grands muscles tels que ceux des cuisses et des biceps, ce qui est sensé aider le corps à se préparer pour l’action.

Les effets sur le système respiratoire

L’anxiété s’accompagne d’un besoin de respirer, de s’oxygéner, accru car les tissus ont besoin d’un apport d’oxygène supplémentaire pour se mettre en condition d’agir. Cette respiration accrue peut toutefois déclencher toute une gamme de symptômes : souffle court, impression de boule dans la gorge, d’étouffement ou de suffocation, et même douleur et oppression au niveau du thorax.

Une intensification de la respiration provoque un autre effet secondaire, surtout si aucune action concrète ne se déclenche : le débit sanguin au niveau de la tête diminue réellement. Bien que cette diminution soit minime et aucunement dangereuse, elle entraîne toute une série de symptômes désagréables (mais inoffensifs) incluant des étourdissements, une vue brouillée, de la confusion, une impression d’irréalité ou de dépersonnalisation, et des bouffées de chaleur.

Les effets au niveau des glandes sudoripares

Le déclenchement de l’anxiété provoque une augmentation de la transpiration. Cette surproduction de sueur remplit d’importantes fonctions d’adaptation en rendant la peau plus glissante, plus insaisissable (ancien réflexe destiné à la rendre invulnérable aux attaques de prédateurs) et en refroidissant le corps pour freiner toute élévation anormale de la température du corps (hyperdermie).

Les autres effets physiologiques

Un certain nombre d’autres effets sont provoqués par l’activation du système nerveux sympathique. Aucun d’eux ne sont nocifs ou dangereux. Les pupilles, par exemple, vont se dilater pour laisser pénétrer plus de lumière, ce qui peut causer une vision plus brouillée, des points devant les yeux, etc. Il se produit une diminution de la salivation entraînant un assèchement de la bouche. Le système digestif réduit son activité, ce qui provoque souvent des nausées, une impression de lourdeur à l’estomac et même de la constipation. Finalement, plusieurs groupes musculaires se contractent pour préparer le corps à faire face ou à fuir; cette crispation donne une impression subjective ou personnelle de tension pouvant aller parfois jusqu’à des douleurs bien réelles ainsi qu’à des spasmes et à des tremblements.

Dans son ensemble, la réaction d’anxiété provoque une activation générale de tout le métabolisme du corps. Voilà pourquoi certains d’entre nous ont souvent chaud et se sentent congestionnés au niveau de la tête, du visage. Habituellement, parce que cet enchaînement d’effets secondaires exige beaucoup d’énergie, les gens se sentent par la suite fatigués, épuisés, vidés.

LE MECANISME MENTAL DE L’ANXIETE

Indépendamment de l’alerte de l’organisme tout entier, l’un des effets majeurs de l’accès anxieux est le détournement immédiat et automatique de l’attention : la vigilance prend les commandes pour scruter les environs afin de détecter toute menace potentielle.

Autrement dit, il va donc être difficile de se concentrer sur les tâches quotidiennes. La distraction, l’impossibilité à finir le travail en cours, le manque de concentration et les troubles de mémoire sont choses fréquentes.

Lorsque le cerveau ne trouve pas la source extérieure du danger ou de la menace, il réoriente ses recherches. C’est alors que la personne en état d’anxiété se livre à un travail inconscient d’introspection et invente le danger : ainsi, ” s’il n’y a rien à l’extérieur qui puisse me rendre anxieux, c’est qu’il doit y avoir quelque chose qui ne tourne pas rond avec moi ” .

Certaines personnes se disent alors qu’elles sont en train de mourir, de perdre le contrôle ou de devenir folles.

Mais alors, s’il n’existe pas de danger ou de menace imminente, pourquoi se met-on dans un état d’anxiété ?

Ces symptômes ne sont pas uniquement causés par la peur immédiate. Il semble que des événements liés à l’histoire de l’individu, à son environnement, son mode de vie puissent être en cause. Le stress, la re-souvenance d’événement traumatiques dans certains types de situations vont provoquer une augmentation de la production d’adrénaline et d’autres substances chimiques qui, de temps à autres, déclenchent les symptômes d’anxiété.

Si les problèmes d’origine ne sont pas dénoués, il arrive même que les symptômes physiques causés par l’anxiété fassent peur à la personne concernée (c’est le cas dans les crises de panique). S’instaure alors une espèce de boucle infernale dont il est bien difficile de sortir.

Selon la théorie psychanalytique, l’anxiété serait la manifestation d’un conflit inconscient, d’une crainte, d’un événement psychologique troublant qui s’est produit durant l’enfance ou l’adolescence. Chez certaines personnes, la manière dont elles ont appris à faire face de façon adaptée ou non aux événements difficiles de cette période de leur vie pourrait entraîner une prédisposition à l’anxiété, avec une réactivation automatique de celle-ci dès qu’une situation évoque l’événement traumatique premier.

Les chercheurs en neurosciences quant à eux, soulignent l’importance de l’hérédité et de la biochimie du cerveau et mettraient en cause des déséquilibres biochimiques dans la prédisposition aux troubles anxieux.

LES TROUBLES ANXIEUX

Contrairement à l’anxiété dite ” normale ” (trac à l’approche d’un examen, peur de l’accouchement, etc.), l’anxiété ” pathologique ” présente quant à elle un caractère durable, intense et invalidant, révélé sous la forme de tableaux cliniques souvent stéréotypés et désignés sous le terme général de ” troubles anxieux “. Les plus fréquents (anxiété généralisée, phobie sociale, agoraphobie, trouble panique, stress post-traumatique, obsessions-compulsions ” TOC “,) ont tous la particularité d’être associés à un risque élevé de survenue d’une dépression.

L’ANXIETE GENERALISEE

Elle est diagnostiquée lorsque les symptômes durent plus de six mois. Ce type d’anxiété débute fréquemment à l’enfance ou à l’adolescence et touche beaucoup plus les femmes que les hommes. L’angoisse y est diffuse et se manifeste par une inquiétude exagérée face au moindre événement de la vie quotidienne. Les personnes qui en souffrent craignent toujours la venue d’une catastrophe dans qu’un danger réel ne soit mis en évidence. Leur famille et leur travail sont pour elles sources d’angoisse. Incapables de se détendre, elles ont de la difficulté à s’endormir et se réveillent souvent la nuit. Même si l’angoissé(e) se rend compte que ses inquiétudes sont exagérées, il/elle est incapable de se raisonner.

Symptômes et signes

L’anxiété généralisée se manifeste physiquement par des tremblements, une grande tension musculaire, des maux de tête (céphalées de tension) et de l’irritabilité. Elle est souvent accompagnée d’une sensation d’étouffement, de nausées et de réactions physiques variées, telles une transpiration abondante, un pouls accéléré ou une envie constante d’uriner ou d’aller à la selle. Elle entraîne très vite une sensation d’épuisement permanente, des difficultés de concentration et peut évoluer à long terme jusqu’à la dépression.

LA PHOBIE SOCIALE

La phobie sociale est un trouble grave de l’anxiété. C’est une peur prononcée du jugement des autres. L’exposition aux situations sociales les plus banales de la vie quotidienne provoque de façon systématique une réponse anxieuse pouvant aller jusqu’à l’attaque de panique.

Quelques exemples types de situations anxiogènes pour les phobiques sociaux :

  • Parler en public (sentiment que ce que l’on dit est ridicule ou mal dit, peur de son allure générale ; peur de rougir qui recouvre parfois la crainte d’une faute, en général sexuelle, qui pourrait se lire sur le visage.) ;
  • Manger et boire devant d’autres personnes (peur de faire des bruits incongrus ou de manger salement) ;
  • S’adresser à des personnes non familières, aux supérieurs hiérarchiques (sentiment d’infériorité) ;
  • Passer un entretien pour l’obtention d’un poste (peur d’échouer, de ne pas être à la hauteur) ;
  • Retourner dans un magasin pour un problème d’article non conforme (peur de la confrontation, d’un éventuel conflit) ;
  • Passer devant une ou un groupe de personnes -salle d’attente, réunion, transports en communs, etc.- (peur d’être observé et jugé sur l’allure générale) ;
  • Aller aux toilettes publiques (peur de la saleté)

LE TROUBLE PANIQUE

Ce trouble est diagnostiqué lorsqu’une personne subit au moins quatre attaques de panique en l’espace d’un mois, attaques survenant de manière imprévisible et suscitant la crainte persistante d’une rechute.

L’attaque de panique est un moment d’anxiété très intense qui atteint son apogée en 10 à 20 minutes et dure entre 30 minutes et 1 heure. Elle s’accompagne d’au moins quatre des symptômes ci-après :

  • palpitations, battements de cour ou accélération du rythme cardiaque
  • transpiration
  • tremblements ou secousses musculaires
  • sensations de “souffle coupé” ou impression d’étouffement
  • sensation d’étranglement
  • douleur ou gêne thoracique
  • nausée ou gêne abdominale
  • sensation de vertige, d’instabilité, de tête vide ou impression d’évanouissement
  • déréalisation (sentiments d’irréalité) ou dépersonnalisation (être détaché de soi)
  • peur de perdre le contrôle de soi ou de devenir fou
  • peur de mourir
  • sensations d’engourdissement ou de picotements
  • frissons ou bouffées de chaleur

Les symptômes des crises peuvent donc être nombreux et amènent fréquemment les personnes qui en sont victimes à consulter dans les disciplines aussi diverses que la médecine générale, la cardiologie, la pneumologie, l’O.R.L. ou les services d’urgence. En effet, la personne souffrant d’attaques de panique s’y oriente souvent, spontanément, en fonction de la nature des symptômes les plus intenses, même si l’on retrouve, en discutant avec elle, d’autres éléments constitutifs des crises.

On ne peut relier la survenue d’une attaque de panique à un traumatisme ou à un facteur déclenchant précis. Ce court-circuit physiologique semble plutôt être le produit de tout un ensemble de circonstances qui ont fini par provoquer une ” surstimulation “, voir un dysfonctionnement du système nerveux autonome.

Cela explique pourquoi des gens qui ont manifestement bien géré les vicissitudes de l’existence se retrouvent, à un moment où rien ne le laisse prévoir, broyés par une accumulation de stress dont ils n’avaient pas conscience.

Les attaques de panique peuvent entraîner, par leur répétition, la constitution d’états d’anxiété pathologiques. Les troubles sont souvent accompagnés de phobies invalidantes (agoraphobie) et de complications psychiatriques graves (dépression, alcoolisme, abus médicamenteux).

L’AGORAPHOBIE

C’est la plus fréquente des phobies.

Par essence, elle englobe de nombreuses phobies, parce qu’elle se manifeste par une crainte irrationnelle de nombreux objets et situations. Toutefois, la crainte essentielle est celle d’avoir une crise de panique et de perdre la maîtrise de soi.

On peut dire qu’il s’agit d’une anxiété très forte liée au fait de se retrouver dans des endroits ou des situations d’où il pourrait être difficile (ou gênant) de s’échapper et dans lesquelles on pourrait ne pas trouver de secours en cas d’attaque de panique ou de symptômes à type de panique.

Les peurs agoraphobiques regroupent un ensemble de situations caractéristiques incluant le fait de se retrouver seul en dehors de son domicile ; d’être dans une foule ou dans une file d’attente ; sur un pont ou dans un autobus, un train ou une voiture.

Les situations difficiles sont soit évitées (par exemple : restriction des voyages) soit subies avec une souffrance intense ou bien avec la crainte d’avoir une attaque de panique ou des symptômes à type de panique.

L’évitement des situations génère à long terme une totale incapacité des personnes qui en souffrent à voyager, travailler ou assumer leurs responsabilités.

LES OBSESSIONS-COMPULSIONS

(TROUBLES OBSESSIONNELS-COMPULSIFS ” TOC “)

Le terme ” obsessionnel ” fait partie du langage familier. Il arrive que l’on dise en souriant, lorsque l’on est surpris à ranger trop consciencieusement les objets dispersés sur son bureau avant de se mettre au travail, ” c’est mon côté obsessionnel “.

Lorsque l’on parle d’un ” trouble obsessionnel “, on décrit quelque chose de très différent, qui est caractérisé par un besoin irrépressible de répéter sans cesse un rituel (compulsion) afin d’empêcher la venue de pensées ou images récurrentes (obsessions) génératrices d’une grande anxiété.

Ce trouble apparaît parfois dans l’enfance mais plus souvent à l’adolescence ou au début de l’âge adulte. Il commence soit de façon très graduelle, soit de façon rapide suite à un traumatisme ou un événement stressant aigu.

Les obsessions

Ce sont des pensées ou images conscientes pénibles, qui s’imposent à l’esprit automatiquement, de façon répétitive et inappropriée, entraînant une anxiété importante.

Les plus fréquentes se rapportent aux éléments suivants :

  • la saleté, les germes (bactéries, virus, champignons, parasites)
  • la peur d’avoir des pensées odieuses sur la sexualité
  • la contamination (maladies)
  • le besoin de symétrie (mettre les objets dans un certain ordre …)
  • le besoin d’ordre (rangement)
  • la peur de ne pas pouvoir se débarrasser de choses inutiles
  • la peur d’acte ou d’impulsions violentes
  • la peur de l’agression ou d’agresser (écraser quelqu’un avec sa voiture)

Les Compulsions

Ce sont des comportements répétitifs (” rituels “) ou actes mentaux que la personne se sent poussée à accomplir en réponse à une obsession selon certaines règles appliquées de façon inflexible.

Ces comportements sont destinés à neutraliser ou diminuer le sentiment de détresse ainsi qu’à empêcher (” conjurer”) un événement ou une situation redoutés.

Le soulagement apporté par la compulsion contribue à renforcer et maintenir la maladie.

La personne en souffrance ne peut s’empêcher de réaliser ces actes répétitifs, elle sait que le comportement qu’elle adopte est absurde mais ne peut empêcher son exécution.

On distingue de nombreuses formes de compulsions :

  • le lavage des mains, les vérifications (lumière, porte, gaz) et les opérations arithmétiques font partie des compulsions les plus courantes

on trouve également :

  • la peur injustifiée d’être atteint des maladies graves, de cancer (hypocondrie)
  • calculs mentaux
  • les formules conjuratoires (marcher entre les rainures du trottoir pour conjurer le mauvais sort…)
  • la toilette abusive (prendre plusieurs douches par jour…)
  • les nettoyages excessifs
  • le toucher répétitif des objets
  • le fait de s’arracher des mèches de cheveux (trichotillomanie)
  • le fait de se gratter inutilement
  • le fait de se ronger les ongles (onychophagie)
  • les achats incontrôlés et excessifs (achats compulsifs)
  • les troubles du comportement alimentaire (boulimie/anorexie)
  • l’envie de voler (kleptomanie)

Ces actes répétitifs prennent dans tous les cas plus d’une heure par jour dans la vie de la personne et interfèrent généralement de façon importante avec l’activité professionnelle et les activités et relations sociales habituelles.

LE STRESS POST-TRAUMATIQUE

Il s’agit d’un ensemble de réactions (ou symptômes) qui peuvent se développer chez une personne après avoir vécu, été témoin ou confrontée à un traumatisme, c’est-à-dire un événement qui ait provoqué la mort ou de sérieuses blessures ou qui impliquait une menace de mort ou de graves blessures et qui ait suscité une peur intense, un sentiment d’impuissance ou d’horreur.

Un tel événement peut être un accident, une agression, un viol, un hold-up, une prise d’otage, un incendie, un tremblement de terre, une inondation, etc.

On parle de stress post-traumatique lorsque la perturbation entraîne une souffrance importante au quotidien et l’altération du fonctionnement social et professionnel de la personne concernée.

Le souvenir de l’événement est souvent d’une extraordinaire précision. Les gens disent revoir la scène comme s’ils y étaient. Les images, le souvenir des cris, des odeurs, etc semblent plus vrais que la mémoire ordinaire.

Bien que certaines variables personnelles (expériences traumatisantes durant l’enfance, traits de personnalité, troubles mentaux préexistants, etc.) puissent augmenter la probabilité de développer un stress post-traumatique, il semble que le facteur le plus déterminant soit la gravité de l’événement vécu.

Les symptômes de stress post-traumatique sont, de l’avis de plusieurs chercheurs, le résultat de mécanismes d’adaptation de l’organisme.

Par exemple, les symptômes d’hypervigilance et autres symptômes de suractivation physiologique se produisent comme s’il fallait rester en alerte pour s’assurer de faire ce qu’il faut et de prévenir tout autre danger. L’émoussement des émotions et l’amnésie permettent de doser le stress à gérer.

Le problème, quand on ne se rétablit pas, est que ces mécanismes se maintiennent alors qu’ils ne sont plus nécessaires et qu’ils présentent trop d’inconvénients.

Les symptômes les plus caractéristiques du stress post-traumatique sont les suivants :

  • Des souvenirs et rêves répétitifs de l’événement provoquant un sentiment de détresse et comprenant des images, des pensées ou des perceptions aussi intenses qu’au premier jour du traumatisme. Chez les enfants, on peut noter des rêves effrayants sans contenu reconnaissable.
  • Des impression ou agissements soudains “comme si” l’événement traumatique allait se reproduire (incluant le sentiment de revivre l’événement, des illusions, des hallucinations et des épisodes dissociatifs (flash-back)).
  • Un sentiment intense de détresse psychique lors de l’exposition à des indices internes ou externes évoquant ou ressemblant à un aspect de l’événement traumatique (par exemple : dates anniversaires, le temps froid ou le temps chaud, la neige, certains endroits, certaines scènes à la télévision, certaines atmosphères, etc.).
  • Une réactivité physiologique lors de l’exposition à des indices internes ou externes pouvant évoquer ou ressembler à un aspect de l’événement traumatique.
  • L’évitement constant de tout ce qui pourrait être associé au traumatisme (pensées, sentiments, conversations) et la réduction nette de l’intérêt pour les activités importantes de la vie quotidienne de même que l’impression de devenir étranger aux autres et démuni de sentiments.

L’ANXIETE : LE PRIX A PAYER POUR LA LIBERTE

Nos philosophes contemporains se sont interrogés sur un tout autre aspect de l’anxiété : celui de son rapport à la condition d’homme libre.

L’anxiété ne serait-elle pas le prix à payer pour entrer dans une société non plus traditionnelle mais démocratique et individualiste, société de compétition forcenée et société où la place de chacun n’est pas fixée à l’avance, où ” chacun est condamné à être libre et maître de sa propre destinée” ?

La ” condamnation à la liberté ” pourrait en effet s’avérer anxiogène car le fait d’être protégé par un groupe, d’y avoir une place précise, est en soi rassurant.

Emile Durkheim, sociologue, constatait, lui, que le taux de suicide baissait en temps de guerre ou de luttes sociales car en période de conflit, l’individu semble retrouver un rôle à jouer et participe ainsi à une mobilisation collective.

L’action et le renforcement de l’identité constituent donc sans nul doute un remède à l’anxiété (et à la dépression, son corollaire).

Par rapport aux cultures qualifiées naguère de primitives, qui offrent un monde plus apaisant dès lors que les émotions y sont canalisées par des rites, des coutumes, des places assignées, il semble que l’homme moderne ne puisse plus bénéficier pleinement, quant à lui, du soutien du groupe et ait à porter désormais seul ” le poids du monde et de sa condition d’homme “.

Pascal Couderc
Psychanalyste
psychoparis.com
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