Les TCA en chiffres : statistiques sur les troubles du comportement alimentaire en France

Données sourcées issues de la HAS, l'INSERM, la FFAB et l'Assurance Maladie

Dernière mise à jour : février 2026
Les troubles du comportement alimentaire (TCA) touchent près d’un million de personnes en France. Anorexie mentale, boulimie, hyperphagie boulimique : ces pathologies complexes restent sous-diagnostiquées et mal connues du grand public. Cette page rassemble les statistiques clés sur les TCA en France, issues de sources officielles (HAS, INSERM, FFAB, Assurance Maladie).
~1M
personnes touchées par un TCA en France
info.gouv.fr, 2025
×12
risque de mortalité chez les jeunes anorexiques vs population du même âge
INSERM
8,4%
des femmes touchées au cours de leur vie
Vidal, 2025
50%
ne bénéficient pas de prise en charge médicale
Assoc. Anorexie Boulimie Ouest

Chiffres clés des TCA en France

  • • Près d’un million de personnes touchées par un TCA en France (source : info.gouv.fr, 2025)
  • • 2e cause de mortalité prématurée chez les 15-24 ans, après les accidents de la route (source : Assurance Maladie)
  • • Prévalence vie entière : 8,4 % chez les femmes et 2,2 % chez les hommes (source : Vidal, 2025)
  • • 50 % des personnes souffrant de TCA ne bénéficient pas d’une prise en charge médicale (source : Association Anorexie Boulimie Ouest)

Prévalence des TCA en France

Les troubles du comportement alimentaire concernent toutes les tranches d’âge, tous les milieux sociaux et touchent les deux sexes, bien que les femmes soient majoritairement affectées. En France, on estime que les TCA, toutes formes confondues, pourraient concerner plus de 900 000 adultes et environ 600 000 jeunes.
La prévalence globale des TCA sur la vie entière est estimée à 8,4 % chez les femmes et 2,2 % chez les hommes. Ces chiffres incluent l’ensemble des formes cliniques : anorexie mentale, boulimie, hyperphagie boulimique et formes partielles.
Les demandes de prise en charge ont été multipliées par trois dans certains centres spécialisés à partir de 2021, en lien avec la crise sanitaire du Covid-19.

L’anorexie mentale en chiffres

L’anorexie mentale est le TCA le plus connu et le plus étudié. Elle se caractérise par une restriction alimentaire sévère et volontaire, associée à une peur intense de prendre du poids.

Qui est touché ?

L’anorexie mentale touche environ 1,4 % des femmes et 0,2 % des hommes au cours de leur vie. Dans plus de 80 % des cas, les personnes atteintes sont des femmes. Le pic de fréquence se situe entre 13-14 ans et 16-17 ans, avec une majorité de cas déclarés avant 25 ans.
Environ 20 % des jeunes filles adoptent des conduites de restriction à un moment de leur vie, mais seule une minorité développe une anorexie mentale répondant à l’ensemble des critères diagnostiques.

L'anorexie mentale — Vue d'ensemble

80% femmes
des cas sont des femmes
5% mortalité
taux de mortalité à 10 ans
50% guérison
de guérison chez les ados pris en charge
13-17 ans
pic de fréquence

Mortalité et pronostic

L’anorexie mentale est la maladie psychiatrique ayant le taux de mortalité le plus élevé. Le taux de mortalité à 10 ans est estimé à 5 %. Le taux de mortalité d’un jeune souffrant d’anorexie mentale est 12 fois plus élevé que celui des personnes du même âge non malades.
Parmi les décès liés à l’anorexie, plus de la moitié sont dus aux complications somatiques (principalement un arrêt cardiaque) et 27 % sont imputables au suicide.
À terme, parmi les personnes soignées pour une anorexie mentale à l’adolescence : la moitié guérit, un tiers est amélioré, 21 % souffrent de troubles chroniques et 5 à 6 % décèdent.
Les tentatives de suicide touchent jusqu’à 20 % des personnes souffrant d’anorexie.

L’anorexie mentale : les chiffres essentiels

  • • Prévalence vie entière : 1,4 % des femmes et 0,2 % des hommes (source : INSERM)
  • • Plus de 80 % des cas sont des femmes (source : CHU Lyon / Assurance Maladie)
  • • Pic de fréquence : 13-17 ans (source : INSERM)
  • • Mortalité à 10 ans : environ 5 % (source : INSERM)
  • • Maladie psychiatrique au taux de mortalité le plus élevé (source : INSERM)
  • • 50 % de guérison chez les adolescents pris en charge (source : INSERM)

La boulimie en chiffres

La boulimie se caractérise par des crises récurrentes au cours desquelles la personne ingère une grande quantité de nourriture de manière compulsive, suivies de comportements compensatoires (vomissements, laxatifs, jeûne, exercice excessif). Les personnes souffrant de boulimie présentent généralement un IMC normal, ce qui rend le trouble difficile à détecter.

Qui est touché ?

La boulimie concerne environ 1,5 % des 11-20 ans. Elle touche en majorité les femmes : environ trois jeunes filles pour un garçon. Le pic de fréquence se situe vers 19-20 ans.
On estime que 10 à 14 % des femmes de 20 à 35 ans connaissent au moins une crise de boulimie par mois, et que 2 à 3 % des femmes de 20 à 40 ans en font au moins une par semaine. La boulimie au sens clinique du terme (au moins deux crises avec vomissements par semaine) concernerait 3 à 5 % des femmes de 20 à 40 ans.
En France, la boulimie concernerait environ 220 000 à 230 000 personnes.

Mortalité et comorbidités

Les tentatives de suicide touchent jusqu’à 35 % des personnes souffrant de boulimie. La boulimie est associée à un risque important de surmortalité liée aux troubles métaboliques (principalement l’hypokalié­mie) et au suicide.
Le passage d’un TCA à un autre est très fréquent : 20 à 50 % des personnes anorexiques font également des crises de boulimie, et 30 % des personnes boulimiques ont des antécédents d’anorexie mentale.

La boulimie : les chiffres essentiels

  • • 1,5 % des 11-20 ans en France (source : HAS, 2019)
  • • 75 % des cas sont des femmes (source : HAS, 2019)
  • • Pic de fréquence : 19-20 ans (source : CHU Lyon)
  • • Environ 220 000 à 230 000 personnes concernées en France
  • • Tentatives de suicide chez 35 % des personnes boulimiques (source : Assoc. Anorexie Boulimie Ouest)
  • • IMC souvent normal : le trouble passe inaperçu (source : HAS, 2019)

L’hyperphagie boulimique en chiffres

L’hyperphagie boulimique se caractérise par des épisodes récurrents de crises alimentaires (absorption d’une grande quantité de nourriture avec un sentiment de perte de contrôle) mais sans recours aux comportements compensatoires. Les personnes concernées sont généralement en situation de surpoids ou d’obésité.
L’hyperphagie boulimique est le TCA le plus fréquent : elle touche 3 à 5 % de la population. Contrairement à l’anorexie et à la boulimie, elle affecte presque autant les hommes que les femmes. Elle est plus souvent diagnostiquée à l’âge adulte, avec un début généralement au-delà de 20 ans.

L’hyperphagie boulimique : les chiffres essentiels

  • • TCA le plus fréquent : 3 à 5 % de la population (source : HAS, 2019)
  • • Touche presque autant les hommes que les femmes (source : HAS, 2019)
  • • Début généralement à l’âge adulte (au-delà de 20 ans)
  • • Souvent associée au surpoids et à l’obésité (source : HAS, 2019)
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Populations et milieux à risque

Les TCA peuvent toucher toutes les catégories de population, mais certains milieux professionnels, certaines situations de vie et certaines pathologies médicales sont associés à un risque significativement plus élevé.

Sportifs de haut niveau

Le sport de compétition constitue un facteur de risque majeur. La prévalence des TCA chez les sportifs est environ trois fois supérieure à celle de la population générale (source : La Médecine du Sport / DRJSCS-PACA, 2009). Tous les sports ne sont pas concernés de la même façon :

Prévalence des TCA par milieu

Pourcentage de personnes à risque de TCA selon le contexte — Sources : HAS, INSERM, DRJSCS
Sports esthétiques
~50%
Étudiants (2021)
46,6%
Sports à catég. de poids
~43%
Sports d'endurance
~27%
Danseurs de ballet
16%
Population générale
~5%
  • Sports à visée esthétique (gymnastique, natation synchronisée, patinage artistique) : des symptômes de TCA sont retrouvés chez environ 50 % des sportifs. 22 % des gymnastes présentent des TCA cliniques et 62 % des troubles subcliniques.
  • Sports à catégories de poids (judo, lutte, taekwondo, boxe) : symptômes de TCA chez environ 43 % des pratiquants, avec 36 % de TCA chez les lutteurs.
  • Sports d’endurance (athlétisme, cyclisme, course de fond) : symptômes chez environ 27 % des pratiquants, souvent liés à la recherche d’un rapport poids/performance optimal.

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Le concept d’« anorexia athletica », élaboré dans les années 1990, décrit ces troubles alimentaires spécifiques au monde sportif. La « triade de la femme athlète » — association de TCA, d’aménorrhée et d’ostéoporose — peut toucher toute femme physiquement active.

Danseurs et danse classique

Le milieu de la danse est particulièrement exposé. Les danseurs seraient dix fois plus susceptibles de développer un TCA que le reste de la population. Une étude de 2014 estimait la prévalence des TCA à 12 % dans le milieu de la danse, atteignant 16 % chez les danseurs de ballet.
Chez les danseurs de ballet étudiés par Herbrich (2011), 44,3 % présentaient une insuffisance pondérale (IMC < 17,5). La pression esthétique, les costumes ajustés et la valorisation de la minceur extrême créent un environnement propice aux troubles alimentaires dès le plus jeune âge. Par ailleurs, 17 à 33 % des danseuses ont un antécédent de TCA, essentiellement sous forme d’anorexie.

Mannequins et industrie de la mode

Les mannequins font partie des populations à risque identifiées par la HAS et La Revue du Praticien. La loi française n° 2016-41 a introduit l’obligation d’un certificat médical pour les mannequins, prenant en compte notamment l’IMC, afin de lutter contre l’incitation à la maigreur extrême dans la profession.
Depuis 2017, la loi impose également la mention « photographie retouchée » sur les images publicitaires où la silhouette des mannequins a été modifiée numériquement.

Étudiants

La population étudiante constitue un groupe particulièrement vulnérable aux TCA. Une série d’études longitudinales menées au CHU de Rouen entre 2009 et 2021 (Tavolacci, Ladner, Dechelotte) montre une augmentation préoccupante :

Prévalence des TCA chez les étudiants français

Pourcentage d'étudiants à risque de TCA — Études CHU de Rouen (Tavolacci et al.)
2009
24%
2018
24,9%
2021
46,6%
Source : Tavolacci, Ladner, Dechelotte — CHU de Rouen, 2022
  • Prévalence des TCA chez les étudiants : 24 % en 2009, 24,9 % en 2018, puis 46,6 % en 2021.
  • En 2021, la prévalence atteignait 51,8 % chez les étudiantes et 31,3 % chez les étudiants.
  • Les troubles boulimiques ont été multipliés par deux entre 2009 et 2021 (de 12 % à 26,3 %).
Une étude menée en 2025 à la Faculté de Médecine de Marseille retrouve des résultats similaires : 46,2 % des étudiants en médecine sont à risque de TCA (51,1 % des femmes, 32,6 % des hommes), mais seuls 16,7 % de ceux avec un test positif avaient déjà consulté un médecin.
La précarité alimentaire, la dépression et le stress sont significativement associés à l’augmentation du risque de TCA dans cette population.

Dimension sociale : classes moyennes et aisées

Contrairement à la plupart des inégalités de santé — qui touchent généralement les populations les plus modestes —, l’anorexie mentale et la boulimie présentent un profil atypique. Selon une étude publiée dans la Revue française de sociologie exploitant l’enquête ESCAPAD (OFDT, 2008) portant sur près de 40 000 adolescents de 17 ans, ces troubles touchent plus souvent des jeunes filles issues de classes moyennes ou aisées. → Revue française de sociologie
Les chercheurs expliquent ce phénomène non par une conformation excessive aux normes de minceur, mais par un « usage pathologique des normes d’excellence » en réponse à des tensions sociales spécifiques. L’anorexie survient ainsi davantage chez les jeunes filles issues de classes sociales aisées, vivant en milieu urbain.
Pour l’hyperphagie boulimique et l’obésité, le gradient est inversé : ces troubles sont plus fréquents dans les milieux socio-économiques défavorisés, où la précarité alimentaire et le manque d’accès à une alimentation de qualité jouent un rôle déterminant.

Pathologies médicales associées

Certaines pathologies médicales augmentent significativement le risque de TCA, en particulier lorsqu’elles impliquent un régime alimentaire strict :
  • Diabète de type 1 : le risque de TCA est multiplié par 1,5 à 2 chez les personnes diabétiques. La « diaboulimie » — manipulation volontaire des doses d’insuline pour contrôler le poids — pourrait concerner 10 à 40 % des adolescentes et jeunes femmes diabétiques de type 1.
  • Maladie cœliaque : le régime strict sans gluten peut favoriser une focalisation excessive sur l’alimentation.
  • Maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI) : la nécessité de régimes restrictifs constitue un facteur de risque.
La HAS et La Revue du Praticien recommandent une vigilance accrue chez toutes les personnes astreintes à un régime particulier pour raisons médicales, car ce régime peut être le point de départ d’un TCA.

Populations à risque de TCA

  • • Sportifs de haut niveau : prévalence 3 fois supérieure à la population générale (source : DRJSCS-PACA / Faculté Sciences du Sport Marseille, 2009)
  • • Danseurs : risque 10 fois plus élevé ; prévalence de 12 à 16 % chez les danseurs de ballet (source : CN D Magazine, 2014)
  • • Étudiants : prévalence passée de 24 % (2009) à 46,6 % (2021) en France (source : Tavolacci et al., 2022)
  • • Classes moyennes et aisées : anorexie et boulimie plus fréquentes dans ces milieux (source : Scodellaro et al., Revue française de sociologie, 2017)
  • • Diabétiques de type 1 : risque de TCA multiplié par 1,5 à 2 ; diaboulimie chez 10 à 40 % des jeunes femmes DT1 (source : Soc. Francophone du Diabète)
  • • Mannequins : population à risque identifiée par la HAS ; législation française spécifique depuis 2017

Impact de la crise sanitaire sur les TCA

La pandémie de Covid-19 a agi comme un catalyseur sur les TCA, en particulier chez les jeunes. Les données montrent une aggravation significative des troubles depuis 2020-2021.
Les demandes de prise en charge dans les centres spécialisés TCA ont été multipliées par trois à partir de 2021. Une augmentation de 15 % des nouveaux diagnostics de TCA a été observée chez les femmes de 12 à 18 ans par rapport à la période pré-pandémique. Les hospitalisations de femmes adolescentes pour anorexie mentale ont augmenté de 30 % par rapport aux niveaux attendus.
Plus largement, la santé mentale des jeunes continue de se dégrader : chez les 18-24 ans, le taux de dépression est passé de 11,7 % en 2017 à 20,8 % en 2021. Ces tendances, bien que préexistantes à la crise sanitaire, ont été nettement amplifiées par celle-ci.

Accès aux soins et prise en charge

Les TCA restent largement sous-diagnostiqués en France. On estime que 50 % des personnes souffrant de TCA ne bénéficient pas d’une prise en charge médicale adaptée. Le délai d’attente moyen avant une première consultation dans une structure spécialisée est de 2 à 3 mois.
La HAS recommande une prise en charge pluridisciplinaire associant un suivi psychiatrique ou psychologique, nutritionnel et somatique coordonné. La psychothérapie constitue l’approche thérapeutique de référence.
La guérison est possible : la HAS rappelle qu’« il n’est jamais trop tard pour consulter : la guérison est toujours possible même après plusieurs années d’évolution des troubles ».

Sources et références

Dernière mise à jour : février 2026

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