Glossaire des Troubles du Comportement Alimentaire (TCA)

Tous les termes essentiels pour comprendre les TCA, expliqués de manière claire et accessible. Les troubles du comportement alimentaire (TCA) sont des pathologies complexes qui touchent près d'un million de personnes en France (Journée mondiale des TCA, 2024). Comprendre le vocabulaire associé à ces troubles est une première étape pour mieux les identifier, en parler avec justesse et accompagner les personnes concernées vers une prise en charge adaptée. Ce glossaire regroupe les définitions des principaux troubles alimentaires (anorexie, boulimie, hyperphagie…), mais aussi des symptômes, des concepts cliniques et des approches thérapeutiques utilisés par les professionnels de santé.

Les troubles alimentaires

Anorexie mentale

L’anorexie mentale est un trouble du comportement alimentaire caractérisé par une restriction alimentaire sévère, une peur intense de prendre du poids et une perception déformée de son propre corps (dysmorphophobie). Elle entraîne un amaigrissement significatif et des conséquences physiques et psychologiques graves.

On distingue deux formes : la forme restrictive pure (restriction sans comportements purgatifs) et la forme avec accès hyperphagiques/purgatifs (alternance de restriction et de crises alimentaires suivies de vomissements ou d’autres comportements compensatoires).

L’anorexie mentale touche environ 1 % des femmes et 0,3 % des hommes (Journée mondiale des TCA). Elle débute dans 84 à 87 % des cas entre 15 et 25 ans. C’est le trouble psychiatrique le plus mortel, avec un taux de mortalité estimé à 1 % par an (Collège national des universitaires en psychiatrie).

→ Lire aussi : Tout comprendre sur l’anorexie : un guide pour patients et proches

ARFID (Trouble de l’évitement/restriction de l’ingestion alimentaire)

L’ARFID (Avoidant/Restrictive Food Intake Disorder) est un trouble alimentaire reconnu par le DSM-5, caractérisé par une alimentation extrêmement sélective ou un évitement de certains aliments, sans préoccupation liée au poids ou à l’image corporelle.

Ce trouble se distingue de l’anorexie mentale par l’absence de peur de grossir. Il peut se manifester par une aversion sensorielle (textures, odeurs), une peur intense de s’étouffer ou de vomir, ou un désintérêt total pour l’alimentation. L’ARFID peut entraîner des carences nutritionnelles importantes et un retentissement sur la croissance chez l’enfant et l’adolescent.

Boulimie nerveuse

La boulimie nerveuse (couramment appelée « boulimie ») est un trouble du comportement alimentaire caractérisé par des épisodes récurrents de compulsions alimentaires incontrôlables (accès boulimiques), suivis de comportements compensatoires destinés à éviter la prise de poids : vomissements provoqués, usage de laxatifs ou de diurétiques, jeûne, exercice physique excessif.

Selon les critères du DSM-5, le diagnostic de boulimie est posé lorsque ces épisodes surviennent au moins une fois par semaine pendant trois mois. La boulimie touche environ 1,5 % des femmes et 0,5 % des hommes (Journée mondiale des TCA). L’âge moyen de début se situe entre 18 et 20 ans.

Contrairement à une idée reçue, la majorité des personnes souffrant de boulimie présentent un poids considéré comme « normal » (HAS, 2019), ce qui rend le trouble difficile à détecter par l’entourage. La boulimie se vit le plus souvent dans la honte et le secret.

→ Lire aussi : Boulimie : comprendre, reconnaître et se faire aider

Hyperphagie boulimique

L’hyperphagie boulimique (Binge Eating Disorder) est un trouble du comportement alimentaire caractérisé par des épisodes récurrents de consommation excessive de nourriture accompagnés d’un sentiment de perte de contrôle, sans recours à des comportements compensatoires (vomissements, laxatifs, exercice excessif).

C’est ce qui distingue l’hyperphagie de la boulimie : l’absence de purge ou de compensation après les crises. Ce trouble s’accompagne souvent d’un surpoids ou d’une obésité, bien que ce ne soit pas systématique. L’hyperphagie boulimique est le TCA le plus fréquent. Elle touche environ 3 % des femmes et 1,5 % des hommes (Journée mondiale des TCA), avec un sex-ratio moins déséquilibré que les autres TCA.

→ Lire aussi : Hyperphagie et envies incontrôlables : comment arrêter de trop manger ?

Mérycisme

Le mérycisme (ou trouble de la rumination) est un trouble alimentaire caractérisé par la régurgitation répétée d’aliments déjà avalés, qui sont ensuite remâchés, réavalés ou recrachés. Ce comportement n’est pas lié à un problème gastro-intestinal et ne s’accompagne pas de nausées.

Le mérycisme peut survenir à tout âge et est reconnu comme un trouble distinct dans le DSM-5. Il est souvent méconnu et sous-diagnostiqué.

→ Lire aussi : Mérycisme : comprendre et gérer ce trouble alimentaire peu connu

Orthorexie

L’orthorexie désigne une obsession pathologique pour l’alimentation « saine » ou « pure ». La personne concernée consacre un temps excessif à sélectionner, préparer et contrôler la qualité de ses aliments, avec un rejet systématique de tout ce qui est perçu comme « malsain ».

Bien que l’orthorexie ne soit pas encore reconnue comme un diagnostic officiel dans le DSM-5, elle est considérée par de nombreux cliniciens comme un trouble alimentaire à part entière. Elle peut entraîner des carences nutritionnelles, un isolement social (refus de manger au restaurant, chez des amis) et une anxiété importante.

→ Lire aussi : Orthorexie : mieux comprendre ce trouble du comportement alimentaire

Pica

Le pica est un trouble alimentaire caractérisé par l’ingestion répétée et compulsive de substances non nutritives et non comestibles : terre, papier, craie, métal, cheveux, etc. Ce comportement persiste pendant au moins un mois et ne correspond pas à une pratique culturelle ou à un stade de développement normal.

Le pica est reconnu dans le DSM-5 et peut entraîner des complications sérieuses : occlusion intestinale, intoxication, infections. Il peut survenir chez l’enfant, l’adulte, et est plus fréquent chez les personnes présentant une déficience intellectuelle ou certains troubles du neurodéveloppement.

→ Lire aussi : Pica : décryptage d’un trouble alimentaire complexe

TCA (Trouble du Comportement Alimentaire)

Les troubles du comportement alimentaire (TCA), également appelés troubles des conduites alimentaires, sont des pathologies psychiatriques caractérisées par une relation perturbée à l’alimentation, au corps et à l’image de soi. Ils entraînent une souffrance psychologique significative et des répercussions sur la santé physique, la vie sociale, familiale et professionnelle.

Les principaux TCA reconnus par le DSM-5 sont l’anorexie mentale, la boulimie nerveuse, l’hyperphagie boulimique, le mérycisme, le pica et l’ARFID. D’autres formes existent (orthorexie, TCA non spécifiés).

Les TCA touchent environ un million de personnes en France (Journée mondiale des TCA, 2024). Plus de la moitié d’entre elles ne sont pas dépistées. Ces troubles ne relèvent pas d’un manque de volonté : ce sont des maladies complexes, multifactorielles, nécessitant une prise en charge spécialisée.

→ En savoir plus : Les troubles du comportement alimentaire

TCA non spécifié (OSFED)

Les TCA non spécifiés, appelés OSFED (Other Specified Feeding or Eating Disorder) dans le DSM-5, regroupent les troubles alimentaires qui provoquent une souffrance cliniquement significative mais ne remplissent pas tous les critères diagnostiques de l’anorexie, de la boulimie ou de l’hyperphagie boulimique.

Exemples : boulimie ou hyperphagie de fréquence ou de durée insuffisante pour le diagnostic, anorexie atypique (restriction sévère avec poids dans la « norme »), purging disorder (purge sans accès boulimique).

Ces formes représentent 30 à 50 % des TCA (Collège national des universitaires en psychiatrie). Elles ne sont pas moins graves et nécessitent une prise en charge identique.

Troubles et comportements associés

Bigorexie

La bigorexie, ou dysmorphie musculaire, est un trouble caractérisé par une obsession pour la prise de masse musculaire et l’exercice physique intensif. La personne se perçoit toujours comme insuffisamment musclée, quels que soient ses résultats réels.

La bigorexie s’accompagne souvent d’un contrôle alimentaire strict (régimes hyperprotéinés), d’un usage de compléments ou de substances dopantes, et d’un entraînement compulsif au détriment de la santé et de la vie sociale. Elle touche majoritairement les hommes et est considérée comme un trouble de l’image corporelle apparenté aux TCA.

Drunkorexie

La drunkorexie est un terme non clinique désignant un comportement qui associe restriction alimentaire et consommation d’alcool. La personne réduit volontairement ses apports alimentaires pour « compenser » les calories de l’alcool, ou pour en amplifier les effets.

Ce comportement, fréquent chez les jeunes adultes, est particulièrement dangereux car il cumule les risques de la dénutrition et ceux de l’alcoolisation. La drunkorexie n’est pas un diagnostic officiel du DSM-5 mais est de plus en plus décrite dans la littérature scientifique.

Night Eating Syndrome (Syndrome d’alimentation nocturne)

Le Night Eating Syndrome est un trouble caractérisé par une consommation alimentaire excessive en soirée et/ou des réveils nocturnes accompagnés de prises alimentaires. La personne consomme au moins 25 % de ses apports caloriques quotidiens après le repas du soir.

Ce syndrome s’accompagne souvent d’insomnie, d’une absence d’appétit le matin et d’une détresse psychologique significative. Il est reconnu dans le DSM-5 parmi les TCA non spécifiés.

Potomanie

La potomanie est un trouble caractérisé par un besoin irrépressible de boire en très grande quantité — souvent de l’eau — pouvant atteindre 10 litres par jour ou plus. Ce comportement peut être associé à l’anorexie mentale (pour calmer la sensation de faim ou donner une sensation de satiété) ou s’inscrire dans une volonté de « purification » du corps.

La potomanie peut entraîner une hyponatrémie (baisse dangereuse du taux de sodium dans le sang) potentiellement mortelle.

Tachyphagie

La tachyphagie désigne le fait de manger très rapidement, sans prendre le temps de mâcher correctement. Ce comportement est fréquent lors des crises boulimiques ou hyperphagiques et peut être observé en dehors des crises chez certaines personnes souffrant de TCA.

La tachyphagie favorise les troubles digestifs, la suralimentation (le signal de satiété n’a pas le temps d’être perçu) et peut renforcer le sentiment de perte de contrôle.

Symptômes et comportements

Accès boulimique (Binge eating)

Un accès boulimique désigne l’ingestion d’une grande quantité de nourriture en un temps limité (généralement moins de deux heures), accompagnée d’un sentiment de perte de contrôle. La personne mange rapidement, souvent en cachette, au-delà de toute sensation de faim ou de satiété.

L’accès boulimique est le symptôme central de la boulimie nerveuse et de l’hyperphagie boulimique. Il se distingue de la simple compulsion par son intensité et par l’absence de sélection des aliments.

Alimentation émotionnelle

L’alimentation émotionnelle désigne le fait de manger en réponse à une émotion (stress, tristesse, anxiété, ennui, colère) plutôt qu’à un besoin physiologique de faim. Manger devient un mécanisme de régulation émotionnelle.

L’alimentation émotionnelle n’est pas en soi un trouble alimentaire, mais elle peut devenir problématique lorsqu’elle devient automatique, répétitive et qu’elle constitue le seul moyen de gérer ses émotions. Elle est souvent présente dans l’hyperphagie boulimique et la boulimie.

Comportements compensatoires

Les comportements compensatoires sont des stratégies mises en place après un épisode alimentaire pour éviter la prise de poids. Ils incluent : les vomissements provoqués, l’usage de laxatifs ou de diurétiques, le jeûne prolongé et l’exercice physique excessif.

Ces comportements sont un critère diagnostique de la boulimie nerveuse (DSM-5). Ils sont souvent dangereux pour la santé : les vomissements répétés entraînent érosion dentaire, déséquilibres électrolytiques et lésions œsophagiennes ; l’abus de laxatifs perturbe le transit intestinal de manière durable.

Compulsion alimentaire

La compulsion alimentaire est un épisode au cours duquel la personne ressent un besoin irrépressible de manger, souvent un type d’aliment en particulier (sucré, gras), avec un sentiment de perte de contrôle. Contrairement à l’accès boulimique, la compulsion peut porter sur une quantité plus modérée et concerner un aliment spécifique.

La compulsion alimentaire peut être isolée ou s’inscrire dans un TCA plus large. Elle est souvent déclenchée par des émotions négatives, une restriction alimentaire préalable ou une situation de stress.

→ Lire aussi : La compulsion dans les TCA

Déni

Le déni, dans le contexte des TCA, désigne l’incapacité ou le refus de reconnaître la présence d’un trouble alimentaire et sa gravité. La personne ne se perçoit pas comme malade, minimise ses symptômes ou refuse d’admettre les conséquences de son comportement sur sa santé.

Le déni est particulièrement fréquent dans l’anorexie mentale, où il fait partie intégrante du trouble. Il constitue un obstacle majeur au dépistage et à la prise en charge : plus de la moitié des personnes souffrant de TCA ne sont pas dépistées (Journée mondiale des TCA, 2024).

Dysmorphophobie

La dysmorphophobie (ou trouble dysmorphique corporel) est un trouble caractérisé par une préoccupation obsessionnelle pour un ou plusieurs défauts physiques perçus, souvent imaginaires ou très légèrement perceptibles par autrui. La personne passe un temps excessif à vérifier, masquer ou tenter de corriger ce « défaut ».

Dans le contexte des TCA, la dysmorphophobie se manifeste notamment par une perception déformée de son poids et de sa silhouette : la personne se voit « grosse » alors qu’elle est en sous-poids. C’est un symptôme central de l’anorexie mentale et fréquent dans la boulimie.

→ Lire aussi : Dysmorphophobie : 6 signaux d’alerte et comment en sortir

Perte de contrôle alimentaire

La perte de contrôle alimentaire est le sentiment de ne plus pouvoir s’arrêter de manger ou de ne pas pouvoir contrôler ce que l’on mange ni en quelle quantité. C’est un critère diagnostique central de la boulimie et de l’hyperphagie boulimique (DSM-5).

Ce sentiment est distinct de la gourmandise ou du plaisir de manger : il s’accompagne de détresse, de honte et de culpabilité. Il est souvent précédé d’une phase de restriction alimentaire qui renforce la pulsion.

Restriction alimentaire

La restriction alimentaire désigne la réduction volontaire et significative des apports alimentaires en quantité et/ou en variété. Elle peut prendre la forme de sauts de repas, d’élimination de certaines catégories d’aliments (féculents, graisses), de comptage calorique strict ou de jeûne prolongé.

La restriction alimentaire est le mécanisme central de l’anorexie mentale. Elle est également présente dans la boulimie, où elle précède et entretient le cycle des crises : plus la restriction est forte, plus le risque de compulsion augmente.

Restriction cognitive

La restriction cognitive désigne l’intention permanente de contrôler son alimentation par des règles mentales (interdits alimentaires, quotas caloriques, « aliments autorisés/interdits ») plutôt que par l’écoute des signaux de faim et de satiété.

Ce concept, développé par le chercheur Herman et ses collègues, est considéré comme un facteur de maintien majeur des TCA. La restriction cognitive crée une alternance entre phases de contrôle strict et phases de perte de contrôle (« craquage »), alimentant un cercle vicieux. Une personne peut être en restriction cognitive sans nécessairement perdre du poids.

Concepts cliniques et diagnostiques

Alexithymie

L’alexithymie est une difficulté à identifier, différencier et exprimer ses émotions. Les personnes concernées ont du mal à mettre des mots sur ce qu’elles ressentent et peuvent confondre émotions et sensations physiques.

L’alexithymie est fréquemment associée aux TCA : l’alimentation devient un moyen de gérer des émotions que la personne ne parvient pas à identifier autrement. Elle n’est pas un trouble en soi mais un trait de personnalité qui peut être travaillé en psychothérapie.

Aménorrhée

L’aménorrhée est l’absence de règles (menstruations). Dans le contexte des TCA, elle est principalement causée par la dénutrition et les déséquilibres hormonaux associés à la restriction alimentaire sévère.

L’aménorrhée était autrefois un critère diagnostique obligatoire de l’anorexie mentale. Depuis le DSM-5 (2013), elle n’est plus requise pour le diagnostic, ce qui permet notamment de diagnostiquer l’anorexie chez les hommes, les femmes ménopausées et les jeunes filles pré-pubères.

Comorbidité

En médecine, la comorbidité désigne la présence simultanée de deux ou plusieurs troubles ou maladies chez une même personne. Les TCA présentent un taux élevé de comorbidités : troubles de l’humeur (dépression chez plus de 40 % des patients), troubles anxieux (plus de 50 %), conduites addictives et comportements d’automutilation.

La prise en charge des comorbidités est essentielle dans le traitement des TCA, car elles peuvent entretenir le trouble alimentaire et compliquer la guérison.

DSM-5

Le DSM-5 (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, 5ᵉ édition) est le manuel de référence internationale pour le diagnostic des troubles mentaux, publié par l’American Psychiatric Association (APA) en 2013. Il définit les critères diagnostiques précis de chaque trouble alimentaire : anorexie mentale, boulimie nerveuse, hyperphagie boulimique, pica, mérycisme et ARFID.

Le DSM-5 a introduit des changements importants pour les TCA : l’hyperphagie boulimique est devenue un diagnostic à part entière (elle ne l’était pas dans le DSM-IV), et le critère d’aménorrhée a été retiré du diagnostic de l’anorexie mentale.

Hypokaliémie

L’hypokaliémie est une baisse anormale du taux de potassium dans le sang. C’est la complication médicale la plus fréquente de la boulimie, causée par les vomissements répétés et/ou l’usage de laxatifs et diurétiques.

L’hypokaliémie est dangereuse car elle peut entraîner des troubles du rythme cardiaque potentiellement mortels, une faiblesse musculaire et des crampes. Elle constitue souvent un marqueur biologique qui alerte les médecins sur la présence d’un TCA.

IMC (Indice de Masse Corporelle)

L’IMC (Indice de Masse Corporelle) est un indicateur qui estime la corpulence d’une personne en fonction de son poids et de sa taille (IMC = poids en kg / taille² en mètres). Il est utilisé en médecine comme outil de repérage, notamment pour évaluer la sévérité de la dénutrition dans l’anorexie mentale.

Cependant, l’IMC a des limites importantes dans le contexte des TCA : il ne reflète pas la composition corporelle (masse musculaire vs. masse grasse) et un IMC « normal » n’exclut pas la présence d’un trouble alimentaire. La majorité des personnes souffrant de boulimie ou d’hyperphagie boulimique ont un IMC dans la norme ou modérément élevé.

Lanugo

Le lanugo est un duvet fin qui recouvre la peau, habituellement observé chez les nouveau-nés. Chez les personnes souffrant d’anorexie mentale sévère, le corps produit du lanugo comme mécanisme de protection contre le froid, en réponse à la perte de tissu adipeux (graisse corporelle).

L’apparition de lanugo est un signe clinique de dénutrition avancée et doit alerter sur la gravité de l’état nutritionnel.

Neurodivergence

La neurodivergence désigne un fonctionnement cérébral qui s’écarte de la norme dite « neurotypique ». Le terme regroupe plusieurs profils, dont le TDAH, le trouble du spectre de l’autisme (TSA) et le haut potentiel intellectuel (HPI). Ce n’est pas un diagnostic médical en soi, mais un cadre conceptuel issu du mouvement de la neurodiversité, qui invite à considérer ces fonctionnements comme des variations cognitives plutôt que comme des déficits.

Dans le contexte des troubles du comportement alimentaire, la neurodivergence est une piste clinique de plus en plus documentée. Les personnes neurodivergentes présentent des taux de TCA significativement plus élevés que la population générale, en raison de plusieurs facteurs croisés : dérégulation émotionnelle, hypersensibilité sensorielle (qui peut influencer le rapport aux textures et aux saveurs), tendance à la rigidité ou à l’hyperfocus, hypersensibilité au rejet. Identifier une neurodivergence sous-jacente change la lecture clinique du trouble alimentaire et oriente l’accompagnement.

→ Lire aussi : TCA et TDAH : Et si votre TDAH expliquait vos crises ?

Set Point (poids d’équilibre)

Le Set Point, ou poids d’équilibre, est le poids vers lequel le corps tend naturellement lorsqu’on s’alimente en écoutant ses signaux de faim et de satiété, sans restriction ni excès. Ce poids est propre à chaque individu et est régulé par des mécanismes biologiques (homéostasie).

Ce concept est important dans la prise en charge des TCA car il permet de comprendre que le corps « résiste » aux régimes en déclenchant des mécanismes de compensation (faim accrue, baisse du métabolisme), ce qui entretient le cycle restriction-compulsion.

TDAH (Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité)

Le TDAH (Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité) est un trouble neurodéveloppemental caractérisé par des difficultés persistantes d’attention, une impulsivité marquée et, dans certaines formes, une hyperactivité motrice. Il est reconnu par le DSM-5 et concerne environ 5 % des enfants et 2,5 % des adultes (HAS, 2024). Chez la femme adulte, il est massivement sous-diagnostiqué : la forme inattentive prédomine, sans agitation visible, ce qui retarde le repérage parfois jusqu’à la quarantaine.

Le TDAH partage avec les troubles alimentaires plusieurs mécanismes neurobiologiques communs : altération du contrôle des impulsions, dérégulation émotionnelle, fonctionnement particulier du circuit de la récompense. Cette comorbidité est massive : avoir un TDAH multiplie par trois à quatre le risque de développer un trouble alimentaire, en particulier l’hyperphagie boulimique et la boulimie nerveuse (Kaisari, 2017 ; Nazar, 2016). Le double diagnostic, lorsqu’il est posé, transforme l’angle de l’accompagnement.

→ Lire aussi : TCA et TDAH : Et si votre TDAH expliquait vos crises ?

Approches thérapeutiques et ressources

ADELI

Le numéro ADELI est un identifiant attribué par les Agences Régionales de Santé (ARS) aux professionnels de santé en France, notamment aux psychologues. Il garantit que le professionnel est titulaire du diplôme requis (Master 2 en psychologie ou équivalent) et qu’il est autorisé à exercer.

Vérifier le numéro ADELI d’un psychologue est une précaution importante pour s’assurer de ses qualifications, en particulier dans un domaine sensible comme les TCA. Cette vérification peut être effectuée auprès de l’ARS de la région concernée.

Contrat thérapeutique

Le contrat thérapeutique est un accord, le plus souvent oral, entre un patient souffrant de TCA et son équipe soignante. Il définit les objectifs de la prise en charge (poids cible, fréquence des consultations, critères d’hospitalisation) et les engagements de chacun.

Ce dispositif est particulièrement utilisé dans la prise en charge de l’anorexie mentale, où il peut inclure un « poids de sécurité » en dessous duquel une hospitalisation est envisagée. Le contrat thérapeutique vise à impliquer activement le patient dans son parcours de soins.

FFAB (Fédération Française Anorexie Boulimie)

La FFAB est la principale organisation professionnelle française dédiée aux troubles du comportement alimentaire. Elle regroupe des professionnels de santé spécialisés (psychiatres, psychologues, nutritionnistes) et contribue à la formation, la recherche et la diffusion d’informations sur les TCA.

La FFAB organise chaque année la Journée mondiale des TCA (le 2 juin) et propose un annuaire de professionnels spécialisés sur son site : ffab.fr

HAS (Haute Autorité de Santé)

La HAS est l’organisme public français de référence en matière de recommandations de bonnes pratiques médicales. Elle a publié en 2010 et 2019 des recommandations spécifiques sur le repérage et la prise en charge des TCA, qui servent de référence aux professionnels de santé.

Les recommandations HAS de 2019 sur la boulimie et l’hyperphagie boulimique constituent la base des protocoles de soins actuels en France.

Psychothérapie

La psychothérapie est le traitement de première intention des troubles du comportement alimentaire. Plusieurs approches ont démontré leur efficacité dans le traitement des TCA, notamment les thérapies cognitivo-comportementales (TCC), les thérapies centrées sur les émotions et les approches psychodynamiques.

La psychothérapie vise à comprendre les mécanismes psychologiques à l’origine du trouble, à modifier les comportements alimentaires problématiques et à travailler sur l’image corporelle, l’estime de soi et la gestion des émotions. Un psychologue ou psychiatre spécialisé dans les TCA est recommandé.

→ Voir : Nos thérapeutes spécialisés TCA

Renutrition

La renutrition est le processus de réalimentation progressive d’une personne en état de dénutrition, notamment dans le cadre de l’anorexie mentale. Elle doit être réalisée de manière encadrée et progressive pour éviter le syndrome de renutrition inappropriée, une complication potentiellement mortelle liée à une réalimentation trop rapide.

La renutrition peut se faire en ambulatoire (à domicile avec suivi médical) ou en hospitalisation selon la gravité de la dénutrition. Elle s’accompagne toujours d’une prise en charge psychologique.

TCC (Thérapie Cognitivo-Comportementale)

La TCC (Thérapie Cognitivo-Comportementale) est une approche psychothérapeutique qui vise à identifier et modifier les pensées, croyances et comportements dysfonctionnels. C’est l’approche thérapeutique la plus étudiée et la plus recommandée dans le traitement de la boulimie nerveuse et de l’hyperphagie boulimique (HAS, 2019).

En pratique, la TCC des TCA travaille sur plusieurs axes : la normalisation des comportements alimentaires, la restructuration des pensées liées au poids et à l’image corporelle, la gestion des émotions et la prévention des rechutes.


Glossaire mis à jour en février 2026. Sources principales : DSM-5 (APA, 2013), HAS (2010, 2019), FFAB, INSERM, Collège national des universitaires en psychiatrie.

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